"La dépense remboursable par assuré est sept fois plus importante pour les assurés en ALD que pour les autres". C'est ce que dévoile ce mercredi une étude de la Drees portant sur la prise en charge à 100% des affections longue durée (ALD), un dispositif mis en place en 1945. Ainsi, "22 % des assurés de l'Assurance maladie obligatoire" sont en ALD et représentent "67% des dépenses de santé remboursables", assure l'étude. Ce qui représente "127 milliards d’euros sur les 189 milliards d’euros de dépenses remboursables". Des dépenses qui sont, pour plus de 7 sur 10 (71%), en lien avec l’ALD, soit "90 milliards d’euros", intégralement pris en charge par l’Assurance maladie.

Parmi les ALD les plus fréquentes, le diabète est en tête avec 4 millions de malades, "soit 27% des patients en ALD". Viennent ensuite les cancers (2.8 millions, 18%), les affections psychiatriques de longue durée (1.8 million, 12 %) et les maladies cardiovasculaires (insuffisances cardiaques et cardiopathies, maladies coronaires et artériopathies) qui concernent 4.2 millions de personnes. À elles seules, "les six ALD les plus fréquentes concentrent 64 % du coût du dispositif". 

Un dispositif qui a un coût

Au total, la Dress estime le coût du dispositif ALD à 19,7 milliards d’euros en 2025 (contre 11,5 milliards d’euros en 2015), donc "environ 1.300 euros par assuré en ALD" et 10.4 % de l’ensemble des dépenses remboursables. Ainsi, en dix ans, le coût global des ALD est en hausse de 72 %, "soit une progression moyenne de 5,5 % par an". Une croissance "nettement plus soutenue que celle de l’ensemble de la DCSi [dépense courante de santé au sens international], qui s’établit à 40 % sur dix ans, soit 3,5 % par an en moyenne."

Cette progression contribue également à la hausse du financement public des dépenses de santé. En 2025, les administrations publiques financent 77.4 % de la DCSi. Sans le dispositif ALD, ce taux serait ramené à "71.9 %". Entre 2015 et 2025, l’ALD explique ainsi "44 % de la hausse du taux de financement public des dépenses de santé".

La hausse du coût du dispositif s’explique par plusieurs facteurs, explique la Dress. Les facteurs "démographiques" et "épidémiologiques" contribuent à hauteur de 25 % à l’augmentation du coût entre 2015 et 2025, "dont 12 % liés au vieillissement de la population", "9 % à la hausse de la prévalence des ALD à âge constant" et "4 % à l’augmentation de la population". Les facteurs médico-économiques (évolution des prix, innovations thérapeutiques, durée de survie des patients et leur observance des traitements...) contribuent, eux, à “37 % de la hausse".  

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