Article publié dans Concours pluripro, janvier 2026

En 2024, 68 % des Français ont déclaré avoir une "bonne" voire une "très bonne santé". Un taux qui atteint 82,5 % chez les individus "à l’aise financièrement", mais qui tombe à 50,4 % chez les personnes déclarant une situation financière "difficile". Publiée en décembre dernier, l’édition 2024 du ­Baromètre de Santé publique France s’est concentrée sur un échantillon de 35 000 personnes, âgées de 18 à 79 ans et résidant en France hexagonale, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique ou à La Réunion. Une enquête qui, depuis 1992, permet chaque année de mesurer et de suivre l’évolution des comportements, opinions et connaissances de la population sur différents thèmes de santé publique. Mais c’est aussi un outil pensé pour évaluer les besoins en prévention et identifier les populations les plus vulnérables. Pour la première fois, l’édition 2024 a intégré la position sociale et les conditions socio-économiques des répondants. Car jusqu’ici "il y avait des manques cruels dans le recueil de données sociales", assurait Stéphanie Vandentorren, coordinatrice du programme "Inégalités sociales et territoriales de santé", en décembre 2025, lors de la publication du Baromètre.

Des données qui mettent en lumière certaines situations alarmantes : près d’un quart des 18-29 ans déclarent avoir subi des discriminations ces cinq dernières années, " tandis que 15 % des adultes en situation financière précaire ont connu la faim", note l’enquête.

Zoom sur 4 points clés du Baromètre de Santé publique France.

• Les Français fument moins mais boivent plus

En 2024, 24 % des 18-79 ans déclarent fumer, dont près de 1 sur 5 (17,4 %) tous les jours. Bien qu’en baisse, le tabagisme quotidien concerne 18 % des fumeurs en 2024, soit 6 points de moins qu’en 2021 (25 %), et davantage les hommes (19,7 %) que les femmes (15,3 %). Et si plus de la moitié des fumeurs (55 %) disent avoir envie d’arrêter, 17,3 % seulement ont tenté un arrêt d’au moins une semaine au cours des douze derniers mois. Mais "la prévalence du tabagisme quotidien" semble être un marqueur d’inégalités sociales très marquées : 30 % des personnes en situation financière difficile sont fumeurs, contre 10,1 % de celles indiquant être à l’aise financièrement.

De plus, 90,4 % des sondés déclarent avoir déjà bu de ­l’alcool au cours de leur vie et 54,7 % "au cours des sept derniers jours". Près d’un quart (22,2 %) des adultes ­dépassent les repères de consommation à moindre risque, soit "plus de 10 verres d’alcool standard par semaine et pas plus de 2 verres par jour". Une surconsommation qui concerne 30,3 % des hommes et 14,6 % des femmes.

Plus alarmant et révélateur de la place de l’alcool en France : seuls 26,7 % des consommateurs au-dessus des repères déclarent avoir envie de réduire leur consommation. Contrairement à la consommation de tabac, le dépassement des repères est plus fréquent chez les catégories socialement favorisées, illustrant le paradoxe des inégalités face aux dommages liés à l’alcool.

 

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