Ces "patients experts" sont adressés tant par les médecins des environs que par France Assos santé. Objectif : mettre les futurs professionnels de santé face aux situations auxquelles ils pourraient être confrontés dans leur pratique, mais aussi, transmettre ce qu'est le vécu avec une pathologie, la perspective du malade et améliorer ainsi le dialogue et le partage des décisions. Ces patients ont du recul vis-à-vis de leur histoire ou de leur maladie. Ils sont formés et adaptent les éléments de leur vraie vie dans des scenarii pour les objectifs de formation. "Cela a un côté ludique mais c’est très normé et cela a un fort impact émotionnel pour les étudiants (…). Les patients sont professionnels et conscients de l’impact des scenarii", souligne Estelle Michelet, médecin généraliste, présidente de l'Association pour la formation de partenariat de soin, au Télégramme.

Ainsi, lors du reportage, réalisé fin décembre dernier, une dizaine d’étudiants accompagnés de deux médecins généralistes formatrices ont été mis face à plusieurs scenarii. : "J’ai présenté un scénario sur des douleurs somatiques dues à la maladie de mon fils, schizophrène. L’autre scénario portait sur les violences conjugales", détaille Danielle Himily. Chaque scénette dure cinq minutes et est suivie d’une session de debriefing. Yvon Abautret, l’autre patient expert, a repris un scénario autour du diabète et de l’alcool qui a pu mettre mal à l’aise les étudiants, avance-t-il. "Les patients formateurs ont vécu les événements dont ils nous parlent. C’est très différent d’une simulation entre étudiants, ou avec des acteurs", remarque Ninon, étudiante en médecine.

 

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Les patients experts interviennent également à l’institut de formation de kiné, en dentaire et à l’école de sage-femme avec des scénarii adaptés à chaque spécialité.

Pourtant, le statut du patient expert reste encore à construire, pointe l’article. Un soutien financier de la faculté de médecine pour rémunérer les patients a permis de lancer l’aventure, même si certains souhaitent rester bénévoles.

[Avec Le Télégramme]

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