Article publié dans Concours pluripro, mai 2026
 

"Tripalium", travail-épanouissement... Le travail a-t-il toujours existé ? A-t-il toujours été perçu de la même manière ?

Eh bien, non ! La signification a été différente au cours des siècles. Avant le XVIIIe siècle, le concept actuel du travail n'existait pas, bien évidemment. Par exemple, dans la Grèce antique, il y avait une grande différence entre les citoyens et les autres, ceux qui travaillaient... Il n'y avait pas de valorisation du travail. Au XVIIIe siècle, avec le développement du capitalisme, on invente la notion moderne du travail, avec une conception économique.

Puis, vers la fin du XIXe siècle, sont installés le droit salarial et la protection sociale.

Le travail est devenu une valeur, bien que cette notion soit enfermée dans le lien salarial. On passe d'une éthique de devoir à un travail-épanouissement. Le concept du travail devient alors multidimensionnel : facteur de production, épanouissement, dans un contexte de subordination.

"Les Français ne voudraient plus travailler, les jeunes seraient de plus en plus flemmards, l'État-providence serait devenu trop coûteux, l'intelligence artificielle devrait faire disparaître des millions d'emplois... Autant d'idées reçues qui saturent le débat public." C'est le résumé de votre ouvrage "Une société désirable" (éd. Flammarion, 2025). Y aurait-il une crise de la valeur travail ?

Quand on regarde le nombre d'heures annuelles travaillées, les Français travaillent bien plus que dans beaucoup de pays européens, bien plus, par exemple, que les Néerlandais, les Danois ou encore les Allemands... Le Covid n'a pas entraîné de refus du travail mais un refus des conditions de travail les plus difficiles. Les salariés voudraient que le travail prenne moins de place car il y a une aspiration forte à mieux concilier vie professionnelle et vie privée.

Les professionnels de santé au travail doivent tenir leur mission d'alerte de veille sanitaire
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