Le plan Santé au travail 2026-2030 vise ainsi à mieux prévenir la désinsertion professionnelle, qu'elle soit liée à l'usure au travail, au vieillissement ou aux maladies chroniques. Comment ? En donnant plus de moyens aux services de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) pour prendre en charge les salariés "plus précocement, plus efficacement et de façon harmonisée". Et en construisant un futur indice de repérage du risque de désinsertion professionnelle fondé sur les dossiers médicaux de santé au travail (DMST).
L'Assurance maladie devra également transmettre systématiquement les arrêts maladie aux SPSTI qui, à leur tour, enverront tout élément relatif aux postes et conditions de travail, "pour une prise en charge plus globale des salariés". Un dispositif à déployer en deux temps : une phase transitoire, en 2026, de transmissions des arrêts par messagerie de santé sécurisée pour les arrêts de plus de six mois, puis un dispositif cible, avec la mise en oeuvre d'un entrepôt de données.
Le plan prévoit en parallèle de nouveaux circuits courts de validation des dispositifs d'accompagnement par le service médical sur les situations urgentes de prévention de la désinsertion professionnelle (PDP) via des protocoles entre l'Assurance maladie et les SPSTI. Ce qui nécessitera d'abord de définir la notion de "situation urgente PDP".

Autre point central de ce plan : sensibiliser les médecins traitants sur les outils et dispositifs de maintien en emploi, le rôle du médecin du travail et de la cellule de PDP, l'importance de la visite de préreprise, la possibilité d'orienter leurs patients vers le service social de l'Assurance maladie spécialisé dans l'accompagnement des assurés fragilisés par un problème de santé ou la répercussion de la maladie sur leur employabilité.
L'idée est aussi de renforcer les liens entre CPTS et SPSTI afin d'aboutir à un système de santé décloisonné et assurant un suivi de l'état de santé des travailleurs. Un point également soulevé par l'Igas, dans son rapport de 2025, qui suggère aussi de mieux impliquer les CPTS dans la sensibilisation des médecins.