Article publié dans Concours pluripro, septembre 2026
 

Parce que "la santé au travail constitue un levier d'attractivité et de compétitivité" et implique "moins d'accidents, moins d'absences au travail et des salariés plus engagés", le ministre du Travail et des Solidarités a présenté, le 5 juin dernier, le plan Santé au travail 2026-2030. Avec cinq priorités majeures, a précisé Jean-Pierre Farandou : promotion de la santé des femmes au travail ; prévention des risques liés au changement climatique et des accidents graves et mortels ; réduction de l'absentéisme au travail ; et promotion de la santé mentale, Grande Cause nationale en 2025 et 2026.

Le Plan 2026-2030 s'articule autour de quatre grands axes, dont la promotion de la culture de la prévention (accompagnement des entreprises, notamment en favorisant la mise en place du document unique d'évaluation des risques professionnels [Duerp]), la prévention des risques professionnels (actions adaptées aux publics les plus exposés aux accidents du travail et maladies professionnelles), l'anticipation et la gestion des crises et des risques émergents (système de veille, d'alerte et de gestion des événements de santé inhabituels en milieu de travail) mais aussi la préservation de la santé tout au long de la vie professionnelle (travailleurs mieux accompagnés face aux risques de désinsertion ou d'usure professionnelle et système de santé au travail décloisonné).

 

CPTS et SPSTI

Le plan Santé au travail 2026-2030 vise ainsi à mieux prévenir la désinsertion professionnelle, qu'elle soit liée à l'usure au travail, au vieillissement ou aux maladies chroniques. Comment ? En donnant plus de moyens aux services de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) pour prendre en charge les salariés "plus précocement, plus efficacement et de façon harmonisée". Et en construisant un futur indice de repérage du risque de désinsertion professionnelle fondé sur les dossiers médicaux de santé au travail (DMST).

L'Assurance maladie devra également transmettre systématiquement les arrêts maladie aux SPSTI qui, à leur tour, enverront tout élément relatif aux postes et conditions de travail, "pour une prise en charge plus globale des salariés". Un dispositif à déployer en deux temps : une phase transitoire, en 2026, de transmissions des arrêts par messagerie de santé sécurisée pour les arrêts de plus de six mois, puis un dispositif cible, avec la mise en oeuvre d'un entrepôt de données.

Le plan prévoit en parallèle de nouveaux circuits courts de validation des dispositifs d'accompagnement par le service médical sur les situations urgentes de prévention de la désinsertion professionnelle (PDP) via des protocoles entre l'Assurance maladie et les SPSTI. Ce qui nécessitera d'abord de définir la notion de "situation urgente PDP".

Autre point central de ce plan : sensibiliser les médecins traitants sur les outils et dispositifs de maintien en emploi, le rôle du médecin du travail et de la cellule de PDP, l'importance de la visite de préreprise, la possibilité d'orienter leurs patients vers le service social de l'Assurance maladie spécialisé dans l'accompagnement des assurés fragilisés par un problème de santé ou la répercussion de la maladie sur leur employabilité.

L'idée est aussi de renforcer les liens entre CPTS et SPSTI afin d'aboutir à un système de santé décloisonné et assurant un suivi de l'état de santé des travailleurs. Un point également soulevé par l'Igas, dans son rapport de 2025, qui suggère aussi de mieux impliquer les CPTS dans la sensibilisation des médecins.

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