Article publié dans Concours pluripro, juin 2026
"Le workaholisme n'est pas reconnu comme une addiction comportementale", prévient Cédric Julien, médecin du travail au CHU de Montpellier, lors d'une masterclass "Workaholisme : quand le travail devient une addiction" au Salon infirmier 2026, le 26 mars dernier à Paris. Pourtant, au même titre que l'addition aux jeux vidéo, aux jeux de hasard ou d'argent, il peut avoir de graves conséquences. Le workaholisme, ce n'est pas seulement le fait de trop travailler, assure l'INRS, qui le décrit comme "un investissement excessif d'un sujet dans son travail et une négligence de sa vie extraprofessionnelle". "C'est donc une forme d'addiction comportementale caractérisée par une dépendance au travail et définie par un besoin compulsif et incontrôlable de travailler ; peu de satisfaction dans le travail ; des difficultés à poser des limites. Cela aboutit à l'envahissement progressif de la sphère privée par la sphère professionnelle." Au Japon, par exemple, on va jusqu'à parler de karōshi, la mort par excès de travail, "un phénomène très préoccupant dans ce pays", indique Cédric Julien.
En France, le workaholisme reste encore timide, peu connu et reconnu. Pourtant, parmi les victimes, on retrouve notamment les professionnels de santé.