"Les professionnels de santé doivent nous faire confiance, lance Adrien Lecointe, porteur de trisomie 21. J’ai des difficultés de compréhension, il m’arrive donc d’être accompagné lors de mes rendez-vous médicaux. Mais le médecin doit tout de même s’adresser à moi. Il doit me parler lentement, avec des mots simples et me laisser du temps pour répondre. S’il n’est pas formé au handicap, il ne peut pas le savoir… " En 2025, près de 3 Français sur 10* (28 %) n’ont pas pu accéder aux soins dont ils avaient besoin, révèle Handifaction, le baromètre national qui mesure l’accès aux soins des personnes en situation de handicap. En tête, la région Centre-Val de Loire, avec 35 % de "personnes non soignées", rapporte le baromètre. Celui-ci indique également que 19 % ont subi un refus de soin – ce qui a entraîné un abandon des soins chez 28 % – et que 13 % ont vu leur accompagnant refusé par le professionnel de santé.
"Ces chiffres sont souvent caractéristiques des priorités des agences régionales de santé", estime Vesna Virijevic, directrice de la charte Romain-Jacob, portée par l’association Handidactique. Une charte qui vise à fédérer l’ensemble des acteurs régionaux et nationaux autour de l’amélioration de l’accès aux soins et à la santé des personnes en situation de handicap, tout en veillant à ce qu’elles soient actrices de leur santé et de leur qualité de vie. L’association soutient d’ailleurs le déploiement des structures d’exercice pluriprofessionnel, "car la présence de plusieurs acteurs de santé au sein d’un même lieu est facilitante pour la prise en charge d’une personne vivant avec un handicap", ajoute Vesna Virijevic.
Un point de vue partagé par APF France handicap : "Nous encourageons vraiment l’existence des maisons de santé, comme toutes les formes d’exercice coordonné, car ces structures répondent vraiment aux besoins des territoires, appuie Karine Pouchain-Grépinet, sa conseillère nationale santé. Elles permettent l’accès à une équipe de soins et pas uniquement à un médecin traitant." D’autant que les staffs permettant d’échanger sur les problématiques rencontrées par les patients facilitent l’accompagnement. "Dans les dossiers partagés, on peut également noter des repères pour que tous les soignants de l’équipe soient informés des besoins du patient et n’aient pas à leur redemander à chaque rendez-vous", insiste Patrick Vuattoux, médecin généraliste à la MSP de Saint-Claude (Bourgogne-Franche-Comté) et coprésident d’AVECsanté. Une façon aussi d’éviter à l’aidant d’avoir à faire le lien entre les professionnels, à réexpliquer la situation et les problématiques rencontrées... avec le risque que des informations se perdent.