Installé à Labastide-Saint-Sernin (Occitanie) depuis plus de vingt-cinq ans, Franck Sapaly a cofondé la maison de santé qui compte aujourd’hui une soixantaine de professionnels. Il est également médecin coordonnateur à la Fondation Marie-Louise, qui accueille des adultes handicapés psychiques et polyhandicapés, et qui compte un centre Alzheimer, un Ehpad, des maisons d’accueil spécialisé (MAS) et foyers d’accueil médicalisé (FAM), une ferme thérapeutique et un accueil de jour. Il est aussi médecin coordonnateur au sein d’un Ehpad. Autant d’expériences qui l’ont "fortement sensibilisé" à la question du handicap, explique le maître de stage universitaire."J’ai une grosse activité médico-sociale mais aussi une bonne part de ma patientèle en situation de handicap, tant physique que psychique, même des polyhandicaps extrêmement sévères…"

S’il se réjouit d’avoir pu construire autour de lui une équipe de soignants motivés, il s’applique à les sensibiliser à la question du handicap. Et aujourd’hui, chaque médecin de la MSP de Labastide-Saint-Sernin est aussi médecin coordonnateur dans une MAS ou un FAM, précise-t-il. Un engagement qui s’est formalisé avec la signature de la charte Romain-Jacob il y a trois ans. "Il y a eu une réflexion au sein de la MSP sur l’accueil des personnes vivant avec un handicap. Pour notamment créer un parcours de soins adapté et surtout personnalisé aux différents types de handicap. On a travaillé avec la ville pour ouvrir les capacités de places pour personnes à mobilité réduite, on a revu notre organisation interne pour faciliter l’accueil des aidants, prévoir des tranches horaires plus larges pour un accueil en fonction des besoins, faire passer en priorité les patients et leurs aidants…" Car l’idée est de pouvoir accueillir à la fois la personne en situation de handicap et son aidant. "D’autant que les aidants sont souvent des parents vieillissants… Et que se posent plusieurs questions, comme celles de la charge mentale, de la fin de vie, de la relation à la mort. Donc on ne peut pas réduire cette prise en charge à la simple question médicale. Et c’est là que la MSP a sa plus-value : elle permet d’aborder toute la dimension biopsychosociale des situations complexes. Croire que le médecin serait capable seul d’être pertinent, aidant, présent pour aborder ces grandes complexités, c’est se leurrer. On a besoin de multiples compétences, de relais avec des personnes de confiance, de temps dans un contexte où le temps médical se réduit…"
 
De plus en plus, Franck Sapaly fait découvrir "ce public spécifique" à ses internes. D’ailleurs, la MAS, "c’est souvent un lieu de stage très apprécié, assure-t-il, parce que ce n’est pas un public qu’on voit beaucoup à l’hôpital ou alors dans des circonstances qui rendent la relation de soins difficile, aux urgences… Donc le futur médecin commence à percevoir les difficultés liées à des interrogatoires complexes – quand ils ne sont pas impossibles –, des maladies pharmacorésistantes, des troubles musculosquelettiques… C’est nécessaire et ça a du sens".

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