Par nature distincts, la santé mentale et le handicap ont en commun de subir une très forte augmentation des besoins de la population en même temps qu’une dégradation des conditions de prise en charge. Publié en décembre dernier, le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur "les défaillances des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap et les coûts de ces défaillances pour la société" pose un constat sévère. Car, sur le volet du handicap, "le chemin est rempli d’obstacles pour les familles" et il y a "un manque de lisibilité", assurent les membres de cette commission présidée par la députée Nicole Dubré-Chirat, qui formule des recommandations afin de mieux orienter les dépenses vers la prévention et l’accompagnement précoce.

En 2022, 14,5 millions de personnes de 15 ans ou plus (soit 28 % de la population) vivant à domicile déclarent avoir au moins une limitation fonctionnelle sévère (problèmes de vue ou d’audition malgré une correction, difficultés pour monter un escalier, trous de mémoire fréquents, etc.), et 5,4 millions disent être fortement restreintes dans des activités essentielles du quotidien (se coucher et se lever, s’habiller, faire ses courses, manger et boire, etc.), précise un rapport de la Drees. Et plus d’une personne sur deux (54 %) âgée de 16 à 64 ans estime avoir un "mauvais" ou un "très mauvais état de santé", dont 58 % sont en situation de surpoids ou d’obésité. La commission d’enquête révèle, pour sa part, que le handicap constitue "le premier motif de saisine" de la Défenseure des droits en matière de discrimination, soit 22 % des procédures.

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