Faire de nécessité vertu. Ce principe s’applique parfaitement aux protocoles de coopération. Car nul ne peut nier qu’à l’origine, ces dispositifs (que l’on résume trop souvent à de simples délégations de tâches) ont été mis en place - via l'"article 51" de la loi HPST du 21 juillet 2009 - pour répondre au manque de professionnels de santé, et avant tout au manque de médecins. Mais quand on se penche sur leurs effets concrets sur l’organisation du travail entre les soignants, force est de constater que la contrainte originelle a libéré un réel potentiel d’innovation au coeur même des équipes.
En témoignent les retours d’expérience des professionnels impliqués, qui évoquent une montée en compétence, une meilleure communication, une interconnaissance plus poussée... sans parler, bien évidemment, de l’élément principal : l’amélioration de la réponse aux besoins de la population.
"Les protocoles de coopération sont des délégations d’actes de soin ou de prévention d’un professionnel de santé vers un autre, rappelle Marie-Astrid Meyer, cheffe de mission pour la pratique avancée et les protocoles de coopération au sein de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) du ministère de la Santé. Il s’agit donc de déroger au code de la santé publique, et cette dérogation s’accompagne d’une procédure qui prévoit, entre autres, une formation auprès des professionnels pour garantir leur nouvelle compétence."