Il y a tout juste un an, le 4 mars 2025, une étude* publiée dans The Lancet et financée par la Gates Foundation évoquait une "épidémie mondiale inédite de surpoids et d’obésité". Elle assurait aussi que "sans réforme urgente des politiques et actions concrètes, 60 % des adultes, soit 3,8 milliards de personnes, et près d’un tiers (31 %) des enfants et adolescents, soit 746 millions, devraient être en surpoids ou obèses d’ici 2050". Le constat est mondial, alarmant et urgent. En 2024, l’Observatoire français d’épidémiologie de l’obésité assurait que près d’une personne sur deux – 48,8 % de la population – était au moins en surpoids (IMC entre 25 et 30 kg/m2) et que 18,1 % des adultes étaient en obésité (IMC ≥ 30 kg/m2). Soit plus de 10 millions de Français en situation d’obésité. De plus, d’après les projections réalisées dès 2016 par l’OMS, l’obésité pourrait concerner entre 25 et 29 % de la population nationale d’ici 2030. Autant dire demain.

C’est dans ce contexte que le gouvernement a publié, le 13 janvier dernier, sa feuille de route 2026-2030 sur la prise en charge des personnes en situation d’obésité (voir p. 34). "Soigner l’obésité, c’est accepter une réalité." Ou plutôt plusieurs, a détaillé la ministre de la Santé, lors de sa présentation. D’abord, "il s’agit d’une prise en charge au long cours, qui exige des parcours coordonnés, une approche globale de la personne, des professionnels formés, des équipements adaptés, des solutions de transport et d’accessibilité, notamment pour les formes graves et complexes. [Mais] c’est aussi reconnaître que l’obésité est un marqueur de vulnérabilité sociale et que l’accès aux soins ne peut être conditionné ni par les ressources financières ni par le lieu de vie", a poursuivi Stéphanie Rist. Cette directive 2026-2030 succède à celles de 2010-2013 et de 2019-2022 qui "ont permis de consolider une offre de soins, d’améliorer l’organisation des parcours et de rapprocher la France des pays les plus engagés dans la prise en charge de l’obésité. Mais elles ne suffisent plus", insiste-t-elle.

Constat partagé sur l'exercice coordonné

Parmi les enjeux principaux, celui de l’exercice coordonné. Une réponse qui semble largement faire consensus : "L’obésité ne peut plus être abordée uniquement à travers le prisme de la responsabilité individuelle mais nécessite une approche systémique et solidaire. Il faut multiplier les actions et développer une approche coordonnée globale", résumait Grégory Emery, ancien directeur général de la Santé, aux 1es États généraux de l’obésité, en mars 2025. Cette "problématique de santé publique", l’ARS Bourgogne-­Franche-Comté l’a prise à bras-le-corps : "L’obésité est une pathologie complexe qui s’inscrit dans une démarche pluriprofessionnelle, comme d’autres pathologies chroniques. Cela nécessite une sensibilisation de tous les acteurs et une logique de coordination, de suivi dans le temps pour éviter une rupture dans le parcours", insiste Cédric Duboudin, son directeur de l’innovation et de la stratégie.

 

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