Pour expliquer l’action du DAC 34 contre l’obésité infantile, Leslie ­Nogatchevsky, diététicienne coordinatrice, présente l’équipe spécialisée en obésité pédiatrique. Cette équipe, qui a rejoint le DAC en 2022, est l’héritière d’un réseau de santé historique, fort d’un ancrage territorial de plus de vingt ans. Un ancrage qui se matérialise par une convention entre le dispositif d’appui à la coordination, la ville de Béziers et son centre hospitalier, la direction départementale des services de l’Éducation nationale et le conseil départemental. L’équipe compte trois salariés : un médecin coordinateur, une diététicienne coordinatrice – "moi-même" – et une assistante de coordination. Ainsi qu’une psychologue et une éducatrice en activité physique adaptée en libéral, parce qu’il "faut une prise en charge pluriprofessionnelle". Elle peut être sollicitée par des médecins, des paramédicaux, des travailleurs sociaux ou par les familles. L’enfant doit avoir "de 3 à 18 ans", présenter un surpoids, une obésité ou un IMC normal avec "rebond précoce d’adiposité" et être du Grand ­Biterrois. Objectif : "stabiliser le poids". Combiné à la croissance, cela permet une diminution de la corpulence.

La prise en soins débute par un bilan multidimensionnel, pose Leslie ­Nogatchevsky : "On évalue les habitudes alimentaires, les habitudes de vie, la santé mentale, l’activité physique, le sommeil… En fonction, on décide du parcours avec le médecin coordinateur." Des consultations sont proposées par les membres de l’équipe. Et des ateliers, sur la base du volontariat : l’atelier de cuisine (5 ou 6 par mois, avec six enfants au maximum), avec la présence observante bienvenue des parents ; l’atelier d’éducation thérapeutique, un samedi entier tous les deux mois. "On reprend les quatre piliers de la prise en soin : alimentation, gestion des émotions, écrans, activité physique." Le format étant "lourd", un forum parents d’une à deux heures, le lundi après le travail, a été pensé.

L’équipe suit environ "200 enfants" par an, dont "80 nouvelles sollicitations". La durée d’accompagnement est variable selon les besoins. Et quand la situation est stabilisée, l’équipe cesse le suivi. L’évaluation, fondée sur le score Z de l’IMC, montre qu’on est "à 80 % de bons résultats". "C’est très encourageant", juge la coordinatrice. Le cas échéant, l’équipe peut s’appuyer sur les structures du troisième recours spécialisées dans les obésités complexes, comme le centre spécialisé obésité, les services de soins médicaux et de réadaptation. Grâce au portage par le DAC, à l’appui de ses coordinateurs de parcours, l’équipe peut aussi adresser les situations complexes qui nécessitent un accompagnement allant au-delà de la prise en soins de l’obésité pédiatrique. 

Prévention et prise en charge

Via l’animation territoriale, le DAC 34 œuvre à développer des actions de structuration des parcours, de prévention et de prise en charge en matière d’obésité pédiatrique sur l’ensemble du département. Depuis janvier 2025, Vanessa Lamazère, diététicienne spécialisée en surpoids et obésité, assure cette mission en tant que salariée du DAC 34 en lien avec la structure d’expertise régionale obésité (Sero) Occitanie. Elle a une action d’aller-vers les professionnels de terrain des structures d’exercice coordonné (MSP, CPTS) pour les inciter à investir ce domaine, l’inscrire dans leur projet de santé. L’animatrice territoriale détaille sa mission : "repérer les professionnels de l’Hérault qui seront les acteurs" de demain ; les "informer" de ce qui existe sur le territoire, des ressources et outils, tels ceux fournis par le Sero (formations, base de données...) et les "accompagner" dans leurs démarches ; les "mettre en lien" ; "participer aux soirées partenaires" ; contribuer à la conception et diffusion d’outils d’aide, comme une carte mentale sur le parcours thématique.

Au-delà de la pédiatrie, "nous sommes sollicités pour des adultes en situation complexe d’obésité", souligne Eva ­Larboulette Nigen, directrice du DAC de l’Hérault, évoquant l’exemple du transport bariatrique. "Au niveau du DAC, l’obésité relève d’un parcours de santé transversal, impliquant une coordination entre plusieurs acteurs sanitaires, médico-sociaux et sociaux", résume-t-elle.

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