L’engagement pluriprofessionnel, un succès du plan d’accélération pour mettre fin à l’obésité, lancé en 2022 par l’OMS.

En prêtant attention à ce que les systèmes de santé – et au-delà, les politiques publiques – de la plupart des pays développés mettent en œuvre, il n’y a pas de doute : les menaces pour l’état de santé des populations que constituent le surpoids et l’obésité sont bien identifiées. Si bien que les programmes de prise en charge proposés aux patients se multiplient (avec cependant une insuffisance relative des diverses mesures qui pourraient constituer une vraie politique de prévention primaire). En témoignent plusieurs programmes qui, tous, font appel à une coopération entre les professionnels de santé et, idéalement, à une responsabilisation et un engagement des patients. Mais ces programmes, qui reprennent peu ou prou les mêmes éléments communs, affichent cependant diverses spécificités qui peuvent être relevées.

  • Obesity Canada est un programme né de l’association, il y a une vingtaine d’années, de chercheurs, professionnels et patients. Depuis, l’organisme opérationnel à l’échelle fédérale s’est professionnalisé dans un statut non lucratif. Il produit sous forme de guidelines régulièrement actualisées, y compris via les retours d’expérience, un programme(1) comportant une vingtaine de chapitres. Parmi eux, il faut mettre en exergue le chapitre "Réduire les préjugés liés au poids", qui propose des attitudes pratiques destinées aux patients eux-mêmes et aussi aux professionnels. On trouve également un chapitre dédié aux prestataires de soins primaires qui recommande aux médecins de premier recours d’engager avec leurs patients des conversations concernant le surpoids ou l’obésité. Ainsi, l’approche des 5 A – en anglais – de la prise en charge de l’obésité (Questionner, Évaluer, Conseiller, Accorder, Aider), qui commence par demander la permission d’aborder la question du poids, est une méthode appropriée.

    Les "produits commerciaux" sont également abordés dans les termes suivants : "Les personnes souffrant d’obésité doivent se méfier des programmes de perte de poids qui :

    - promettent une perte de poids sans régime ni exercice ;

    - promettent une perte de poids en mangeant autant de nourriture que l’on veut ;

    - promettent une réduction de poids à partir de zones spécifiques du corps ;

    - promettent une perte de poids trop rapide (par exemple : perdre 15 kg en trente jours) ;

    - incluent des photos avant/après et des témoignages personnels qui semblent trop beaux pour être vrais".

 

  • Il existe une organisation comparable aux États-Unis, sans que le caractère lucratif ou non soit explicite. Obesity Medicine regroupe ainsi plusieurs milliers de professionnels. La page d’accueil sur son site(2) précise avec pertinence que "la prise en charge optimale de l’obésité repose sur une équipe multidisciplinaire qui, aux États-Unis, suit souvent le modèle du Chronic Care Model [CCM]". L’objectif du CCM est de "transformer la prise en charge quotidienne des patients atteints de maladies chroniques, en passant d’une approche aiguë et réactive à une approche proactive, planifiée et axée sur la population. Le patient est au cœur de la prise en charge et est souvent accompagné par un médecin, un infirmier ou une infirmière praticienne, un diététicien, un physiologiste de l’exercice et un spécialiste du comportement. L’équipe peut également comprendre un gestionnaire de cas et un travailleur social, et ces membres peuvent jouer un rôle déterminant dans la recherche des déterminants sociaux de l’obésité".
RETOUR HAUT DE PAGE