Une île et deux associations dont "les actions nous touchent car elles sont menées dans un territoire où l'accès aux soins est un enjeu majeur". Pour la 17e édition du Prix Jean-François Rey, deux associations ont été primées pour leur engagement sur le territoire de Mayotte "un territoire où près de 84% de la population vit sous le seuil de pauvreté", a rappelé Eric May, vice-président de la Fédération nationale des centres de santé (FNCS). Un prix qui vise à récompenser "une personne, une structure, une association, un collectif qui participe à construire, à consolider des réponses en santé solidaires et humaines, qui défendent l'accès aux soins pour toutes et tous, dans tous les territoires et promeuvent la qualité des pratiques, la pluriprofessionnalité, l'amélioration des parcours pour le bénéficie des usagers". Et cette année, le prix a été remis à l'association Unono Wa Matso, qui gère plusieurs centres de santé à Mayotte, et à la Protection civile santé Mayotte.
89 médecins pour 100.000 habitants, "soit 4 fois moins qu'en Hexagone" ; 7 dentistes pour la même population ; 7 à 10 ans d'espérance de vie en moins ; une mortalité infantile près de 3 fois plus élevée que la moyenne nationale… "Mayotte est un territoire très compliqué, précise Baptiste Rivoire, président de la Protection civile santé Mayotte et président du conseil d'administration de l'association Unono Wa Matso. Elle souffre de l'insularité car très éloignée de la métropole. Et donc, toute initiative en matière de santé est très très très compliquée…". Une île frappée par les cyclones Chido et Dikeledi ces dernières années : "On parle de 39 morts mais le décompte n'est pas vraiment officiel. Beaucoup de gens ont été enterrés sous 24 heures. Mais on compte plus de 4000 blessés", rappelle-t-il. De cette "opération humanitaire de très grande envergure" est donc né le projet de mettre en place une offre de soins pour la Protection civile. "Quand on est arrivé [sur place] pour mettre en place la mission humanitaire, où 400 bénévoles, plus d'une cinquantaine de médecins ont été mobilisés, on s'est rendu compte que la priorité numéro une pour le territoire, post-cyclone Chido et post-cyclone Dikeledi, c'était la mise en place d'une offre de santé consolidée, d'urgence."