Car en cas de manque de coordination entre MSP et CPTS, "le principal risque, c’est que les usagers en subissent directement les conséquences", assure Gérard Raymond, président de France Assos Santé, interrogé dans le cadre de cet ouvrage pratique : "Lorsqu’il y a un manque de coordination, cela se traduit souvent par des délais d’attente plus longs, des parcours moins fluides et une perte d’efficacité globale. Cela revient à perpétuer un mode d’organisation du système de santé archaïque et plus soutenable. C’est pourquoi il est important d’évaluer plus précisément les actions des CPTS et leur articulation avec les MSP." Parce que les avantages d'une bonne coordination sont nombreux : prise en soin plus rapide et fluide, parcours plus lisible et efficace, meilleure utilisation des données à au service des parcours de soins, détaille Gérard Raymond.
Comment rendre plus visibles les missions de la structure de soin et de l'organisation territoriale ? "Tous les professionnels de santé devraient bénéficier dans leur formation initiale d’une acculturation à la santé publique en soins de premier recours (stage dans les MSP et les CPTS...), estime Jean-François Moreul, président de la Fédération des CPTS, qui témoigne dans le guide. Et sur les missions de prévention, pour bien identifier les besoins, "il faudrait un 'quadrupède de la prévention', composé du premier recours (MSP, centres de santé, CPTS), les élus (CLS), les usagers et les établissements de santé", poursuit le médecin généraliste installé à la MSP Bécon les Granits. En revanche, sur le plan du financement, les pouvoirs publics continuent, regrette-t-il, à "[placer] les MSP et les CPTS en situation de concurrence". Dès lors, propose-t-il, "on pourrait créer des dossiers types qui expliquent concrètement comment MSP et CPTS peuvent travailler ensemble sur une même action de prévention".
Aujourd'hui, 2.981 maisons de santé (et quelque 52.000 professionnels de santé) et 852 CPTS maillent l'ensemble du territoire.