Article publié dans Concours pluripro, juin 2026
"Epof", pour essoufflement, prise de poids, oedèmes et/ou fatigue excessive. Si cet acronyme ne vous évoque rien, le clown et son ballon en forme de coeur "qui essaie de nous dire quelque chose" devraient raviver quelques souvenirs. Car la campagne de communication lancée en 2022 par l'Assurance maladie autour de l'insuffisance cardiaque avait marqué les esprits. Les signes d'alerte y étaient clairement identifiés : en cas d'essoufflement, de prise de poids, d'oedèmes et/ou de fatigue excessive (Epof), mieux vaut consulter son médecin traitant. En 2024, elle élargissait cette communication pour faire connaître les bonnes pratiques à appliquer dès lors que l'on est concerné : faire de l'exercice physique, se peser régulièrement, bien suivre son traitement et ne pas trop saler ses plats – soit Epon – sont les bons réflexes au quotidien pour éviter l'aggravation de la maladie et limiter le risque d'hospitalisation.
Aujourd'hui, l'insuffisance cardiaque touche 1,5 million de Français. S'ajoutent environ 500 000 patients qui s'ignorent. Car cette pathologie chronique est encore assez méconnue. "Les symptômes sont finalement assez flous", reconnaît Baptiste Barjhoux, pharmacien et directeur du Resic 38 (Isère). D'autant qu'ils peuvent se confondre avec des signes "classiques" du vieillissement. Chaque année, 120 000 nouveaux patients sont diagnostiqués. Les plus de 60 ans sont parmi les premiers concernés "et, avec le vieillissement de la population, ce chiffre (1,5 million, NDLR) pourrait croître de 25 % tous les quatre ans", précise l'Assurance maladie.