Article publié dans Concours pluripro, juin 2026
 

L'appel à projets lancé par l'ARS Île-de-France en septembre 2025 concernant les cellules d'expertise et de coordination de l'insuffisance cardiaque (Cecic) en ville a rapidement trouvé écho au centre de santé Oppelia-Richerand. "Ça nous a semblé complètement concordant" avec le projet médical, fortement orienté vers la prise en charge en équipe des maladies chroniques, explique Jeanne Villeneuve, directrice médicale de la structure. "On a 33 % d'ALD parmi notre patientèle médecin traitant", détaille-t-elle, "d'où un sujet sur la prise en charge et la coordination" de ces pathologies.

Cette cellule permet "un travail d'équipe au plus haut niveau", renforçant l'existant dans les centres de santé. Car ceux-ci sont déjà "organisés pour" une prise en charge pluridisciplinaire et coordonnée et n'attendent que "d'avoir les moyens de travailler de cette façon". À Richerand, la majorité du personnel nécessaire à la Cecic était déjà en place : une IPA, des médecins généralistes en nombre suffisant, un cardiologue, des infirmières de soins, des assistantes médicales. "On a juste renforcé notre offre d'infirmières en éducation thérapeutique." Il y avait aussi déjà des circuits, des staffs, des réunions de coordination, une direction médicale pour coordonner et évaluer le projet.

"On n'est plus inquiets"

Retenu à l'automne, le centre de santé a consacré la fin 2025 à "former/reformer l'équipe sur la question de l'insuffisance cardiaque chronique", en lien avec la cellule d'expertise et de coordination de l'insuffisance cardiaque sévère (Cecics) de l'hôpital Lariboisière (le pendant hospitalier de la Cecic, qui inclut des insuffisants cardiaques sévères, plutôt à l'issue d'une hospitalisation pour décompensation). Une mise à jour "bien accueillie", car "il y avait une petite appréhension" en raison du "développement des nouvelles thérapeutiques ces dernières années". "Ça nous a apporté une expertise supplémentaire... On n'est plus inquiets de devoir titrer, gérer les urgences."

Depuis janvier 2026, "une vingtaine de patients" ont été inclus. Pour l'instant "issus du centre" et ayant "une insuffisance cardiaque chronique objectivée". Mais dans un second temps, les patients à risque seront aussi concernés. Le repérage est fait par le médecin traitant qui peut prescrire un bilan de dépistage à réaliser au centre. Une consultation est ensuite organisée avec l'IPA, qui présente la cellule, et propose au patient d'y être inclus. Celui-ci bénéficie ainsi de consultations de titration, d'urgence, d'éducation thérapeutique et de suivi. Objectif : "Mieux prendre en charge l'insuffisance cardiaque chronique en ville", la stabiliser, améliorer la qualité de vie, repérer les signes d'aggravation, prévenir les décompensations, éviter des hospitalisations inutiles ou tardives...

Un autre objectif est d'éviter les ruptures de parcours entre ville et hôpital. Des staffs bimensuels sont organisés en ce sens avec la Cecics de l'hôpital qui, outre l'aspect formation, est "un appui permanent". "On passe en revue les patients inclus chez nous", l'idée étant de "vérifier qu'on est sur une bonne prise en charge, une bonne thérapeutique, qu'on a fait la titration comme il fallait", de procéder à des hospitalisations directes si besoin. Les deux cellules travaillent à la gradation des soins : le passage de la Cecic à la Cecics et inversement, en fonction de l'aggravation ou de l'amélioration de l'état de santé du patient.

Prévue jusqu'en décembre 2026, l'expérimentation fait l'objet d'un suivi régulier, par l'ARS et l'Assurance maladie. Mais une nouvelle étape est en préparation : "l'expérimentation à l'échelle territoriale", la Cecic n'ayant "pas vocation à ne répondre qu'aux patients suivis dans le centre". Le centre de santé va donc entamer, avec la CPTS Paris 10 et le DAC, "un travail d'information et de communication sur l'ouverture de cette cellule", auprès des médecins généralistes, cardiologues, pharmaciens, infirmières libérales.

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