Article publié dans Concours pluripro, juin 2026
 

Depuis octobre 2025, la MSP de Vern-sur-Seiche (Bretagne) a lancé "Un coeur qui garde la forme", un programme d'ETP dédié à la prévention de l'insuffisance cardiaque, financé par l'ARS Bretagne. Comme un premier programme sur la douleur chronique mis en place au sein de la MSP commençait "à prendre de l'importance", dévoile Élise Marquet, sa coordinatrice, celui-ci a été "confié à la CPTS, mais les professionnels de la MSP ont voulu poursuivre dans cette voie et ont réfléchi au choix du programme en fonction du profil de leur patientèle". Ils réalisent alors qu'ils ne disposaient pas d'assez de temps en consultation pour faire de la prévention sur l'insuffisance cardiaque. "Les adultes, tout âge confondu, peuvent participer", poursuit la coordinatrice, qui précise que pour cette première session, "la moyenne d'âge des dix participants était de 63 ans."

Au départ, "on s'est demandé si on allait inclure uniquement les insuffisants cardiaques, mais on a fait le choix de recruter des personnes qui présentent un ou plusieurs facteurs de risque (diabète, cholestérol, hypertension...)". Pour inclure un maximum de patients, la MSP a fait une communication auprès des pharmacies et avec des affichages, même si "de nombreux professionnels de la maison de santé orientent directement leurs patients vers ce programme d'éducation thérapeutique", admet-elle.

"Faire avec ses limites"

Dans le programme, chaque patient bénéficie d'un bilan initial (et un bilan d'évaluation individuel en sortie de parcours) et de quatre ateliers de groupe (de deux heures) animés par différents professionnels de santé. "Le premier, c'est un atelier 'général' où on échange autour des représentations des risques cardiovasculaires et leur évaluation, avec une explication du jargon médical, indique Élise Marquet. En général, les professionnels s'appuient quand même sur des vidéos, des photolangages et des supports un peu dynamiques, et ils font en sorte qu'il y ait le maximum d'échanges entre les participants pour créer une dynamique de groupe."

Les autres ateliers portent sur le repérage des signes d'alerte et des conduites à tenir ; l'alimentation, avec une présentation des "régimes possibles, et les participants imaginent des recettes pour adapter leur menu chez eux" ; et l'activité physique adaptée. "Avec une kiné et une sage-femme, l'idée était de montrer comment poursuivre une activité physique sans dépasser les limites." Un quiz a donc été mis en place "pour déconstruire les représentations, puis ils pratiquent une activité afin de se focaliser sur les ressentis et valoriser la mise en mouvement. Il s'agit vraiment d'ateliers axés sur le quotidien, sur comment faire en sorte d'éviter l'apparition d'une insuffisance cardiaque". Une fois le programme terminé, il est possible d'y reprendre part. "L'idée, c'est de toucher un maximum de personnes, donc on privilégie les primo-inscrits, mais rien n'empêche de se réinscrire", souligne-t-elle.

Les professionnels de santé et les patients s'estiment très satisfaits de cette démarche, qui "donne des pistes de réflexion", indique Élise Marquet : "Beaucoup de patients ont pris rendez-vous chez des cardiologues pour faire des contrôles." Beaucoup ont aussi indiqué qu'ils font désormais davantage attention à leur alimentation et à la gestion du stress. "Ils ont vraiment réussi à transférer dans le quotidien ce qui avait été présenté... Ce qui n'était quand même pas gagné !", sourit la coordinatrice.

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