"Pénurie de médicaments, difficultés d'attractivité, de fidélisation des ressources humaines, tensions géopolitiques, dérèglement climatique, désinformation ou encore cyberattaques… Plus ces crises se succèdent, s'additionnent et s'accumulent, plus elles s'installent durablement." Eric Henry, médecin généraliste et président de l'Institut pour la santé des soignants (SPS) a d’emblée donné le ton du 12e colloque consacré à "la santé des soignants à l'épreuve des crises ?", qui s’est tenu hier au ministère de la Santé.
Et en première ligne de ces crises, "ce sont les soignants qui doivent s'adapter en permanence à ces défis, parfois inédits, pour garantir la continuité, la qualité et la sécurité des soins", précise Eric Henry. Si la crise sanitaire avait "mis en évidence la fragilité de [l’état] de santé" des professionnels de santé, "tout en révélant leur remarquable capacité d'engagement, d'innovation et de résilience", cette "adaptation permanente a un coût", assure-t-il : "Un coût dont les conséquences intéressent aujourd'hui la pérennité même de notre système de santé", insiste le médecin. D'où l'objectif du colloque : analyser "les effets de ce continuum de crises" et "identifier les leviers d'action et les initiatives qui permettent de préserver leur santé dans ce nouveau contexte". Car, glisse Catherine Cornibert, directrice générale de SPS, s'il existe des "réponses institutionnelles", elles "se construisent aux côtés des solutions qui émergent dans les territoires avec une responsabilité collective", a précisé la pharmacienne devant les quelque 270 participants.