Elle s’appelle Sophia. Mais son parcours – fictif ici – pourrait être celui de "n'importe quel usager en France". Car cette patiente, qui "vit dans le quartier de Bellevue à Nantes", est confrontée, comme beaucoup, aux difficultés d’accès aux soins. Alors quand un jour, sur la place du marché, elle est invitée à une journée sur la santé des femmes à la maison de santé communautaire de son quartier, elle s’y rend d’un bon pas... et a pu participer à un atelier d’autopalpation, à une consultation gratuite avec une sage-femme, qui a pu lui obtenir un rendez-vous rapide pour un mammographie... et dépister à temps un cancer du sein. "Mais Sophia n’est pas seule" car dans les MSP et CDS communautaires, "on va l’aider et la soutenir dans son parcours de soins". Son parcours va mobiliser médecins, sages-femmes, kinésithérapeutes, infirmières, orthophonistes, psychologues, médiatrice en santé... Un message clair lancé par le collectif : "Le soin dépasse le cadre strictement médical".

Une vidéo "percutante" d’un peu plus de trois minutes qui "illustre l’efficacité d’un modèle de soin global, tout en alertant sur la précarité financière qui menace aujourd'hui l'existence de ces structures sur tout le territoire". Les acteurs de la santé communautaire lancent donc un "cri du coeur", dénonçant à la fois le "financement en péril" des 26 structures d’exercice coordonné participatives (Secpa) - "malgré les annonces du Ségur de la santé promettant la création de 60 structures, les garanties sur un cadre de financement pérenne manquent cruellement. Le risque est réel : passer de 26 structures à zéro, privant des milliers de patients vulnérables de soins accessibles" - et le fait que des dizaines d’autres structures (à l’instar de la MSP Bellevue ou du Jardin à Bron) font de la santé communautaire sans être Secpa : "Nous avons bricolé pour survivre avec des financements non pérennes, alors que nos projets sont attractifs et répondent aux besoins des déserts médicaux."  

 

Alors "face à l’urgence", le collectif des maisons et centres de santé communautaire "exige" que le modèle de la santé communautaire soit pérennisé via une inscription dans la loi et un financement structuré par la Cnam, qu’un "cahier des charges ambitieux validé par l'expérimentation" soit maintenu, que le modèle soit ouvert à de nouvelles structures "dès janvier 2027" via un appel à manifestation d’intérêt en 2026, et qu’une "réelle concertation" associe les acteurs de terrain aux négociations. Parce qu’"il est temps de sortir la santé communautaire de la précarité pour en faire le pilier d'une justice sociale où les plus pauvres ne perdraient plus 13 ans d'espérance de vie par rapport aux plus riches."

Le collectif a aussi relancé une pétition nationale afin de demander la reconnaissance officielle et durable de leur modèle. 

Sur LinkedIn, Marie Hornsperger, coordinatrice de la maison de santé de Bellevue à Nantes formule le même souhait : "Inscrivons la santé communautaire dans la loi !". Parce que "Sophia, ce n'est pas juste une patiente parmi d'autres : face à la maladie ou aux accidents de la vie, Sophia pourrait être vous, pourrait être moi, pourrait être n'importe qui", explique-t-elle. Publiée hier, la vidéo compte déjà plus de 250 vues sur Youtube. 

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