"Trois ans pour construire, 90 jours pour détruire ", "Sans financement du gouvernement = Santé pour tous en danger " ,  "Oubliés, négligés, en danger ", "Secpa, c’est pas Koh-Lanta", "L’Etat fait le choix de sacrifier votre santé et vos droits "… Sur la Place de la République, ce samedi après-midi, quatre manifestations se partageaient l’esplanade qui voyait flotter des drapeaux mais aussi scander des chants revisités pour l’occasion. Côté nord, malgré les températures très basses, un peu plus d’une centaine des personnes – patients, usagers, professionnels de santé et de la santé de maisons de santé franciliennes, mais aussi des familles – s’étaient mobilisés pour défendre le modèle de la santé communautaire et participative. En effet, le 29 janvier dernier, les 26 maisons et centres de santé engagés dans l’article 51 ont été informés de son arrêt à fin avril prochain – et donc la suppression du financement dédié – , avant que la ministre de la Santé ne confirme, le 10 février dernier, que les financements seraient maintenus en 2026 : dispositif prolongé jusqu'à fin octobre puis financements FIR/France santé avant d'intégrer le modèle Secpa aux discussions du PLFSS pour 2027. Ce qui inquiète fortement les acteurs de terrain.

"Avant, quand les patients venaient en consultation, on avait du mal à parler de santé avec eux parce qu’ils arrivent avec tellement de problèmes sociaux que ça prenait tout le temps de la consultation pour comprendre ce qui bloque, ce qui ne va pas… et à la fin, on n’a même pas eu le temps de prendre une tension", témoigne ainsi cette médecin généraliste à la MSP Pyrénées-Belleville, rencontrée ce samedi. La maison de santé, impliquée dans l’expérimentation depuis mars 2022, a recruté – grâce aux financements Secpa – 7 professionnels salariés (médiateurs en santé, accueillant, psychologue, coordinatrices, assistantes sociales) et finance plusieurs activités comme les coachs sportifs, l'interprétariat téléphonique, les activités collectives et participatives mises en place avec les usagers, une permanence au sein de foyers de travailleurs migrants, des repas soignants-soignés…  "Sans financement, la MSP ne pourra plus payer tous ces salaires et devra arrêter probablement certaines activités qui permettent de faire du lien… ", regrette Mathieu, médiateur en santé au sein de la structure.  

 

 

Si avant la mise en place du dispositif, des relais étaient possibles, notamment pour l’ouverture des droits, comme les conseils sanitaires et sociaux, désormais, "c’est plus simple parce qu’on a des médiateurs en santé dans nos locaux, on les connait, on travaille beaucoup avec eux… Au final, c’est moins de moins de charge mentale, et ça fluidifie la prise en charge médico-psycho-sociale ", assure la médecin, qui se dit " rassurée " d’avoir du "back-up" pour s’occuper de tout le volet social de ses patients. "J’ai reçu en consultation une patiente souffrant un syndrome de Diogène, sans carte d’identité, sans droits ouverts à la Sécu, et avec une hypertension sur une polykystose rénale autosomique dominante et une clairance rénale 30… Sans prendre en compte le volet social, sans Secpa, on n’aurait pas pu la soigner. "

RETOUR HAUT DE PAGE