À première vue, les indicateurs nationaux semblent traduire une certaine stabilité. Au 31 décembre 2025, 75.731 pharmaciens sont inscrits au tableau de l'Ordre, soit 651 professionnels supplémentaires par rapport à 2024 (+0.9%) et une progression de 2.324 inscrits depuis 2015 (+3.2%), comme le révèle l'édition 2025 du panorama de la démographie pharmaceutique. Après plusieurs années marquées par des évolutions limitées, cette augmentation confirme une dynamique engagée depuis 2022, au cours de laquelle la croissance des effectifs s'est progressivement consolidée. 

Au-delà de la progression des effectifs, le renouvellement générationnel apparaît comme l'un des principaux enseignements de cette édition 2025. L'âge moyen des pharmaciens s'établit désormais à 46 ans, contre 46.7 ans 10 ans plus tôt, tandis que l'âge médian atteint 45 ans. Cette évolution, modeste en apparence, traduit une transformation plus profonde de la pyramide des âges. Les jeunes générations sont aujourd'hui beaucoup plus présentes qu'au milieu des années 2010. Les pharmaciens âgés de moins de 40 ans représentent désormais 36.2 % de l'ensemble des inscrits, contre seulement 23.5% en 2015. En 2025, 3.044 pharmaciens se sont inscrits pour la première fois à l'Ordre, soit une augmentation de 4% par rapport à l'année précédente et de 31% sur 10 ans. L'âge moyen de ces nouveaux inscrits est de 29 ans, près des trois quarts ayant moins de 30 ans. Pour autant, le nombre de pharmaciens âgés de 66 ans et plus poursuit sa progression. Ils sont désormais 4.669 à exercer, soit près de deux fois plus qu'en 2015 (+98.9%). La féminisation demeure une autre caractéristique structurante de la démographie pharmaceutique. Les femmes représentent désormais 67.6 % des pharmaciens inscrits, contre 32.4 % d'hommes, une répartition relativement stable depuis plusieurs années, continue de distinguer la pharmacie parmi les professions de santé les plus féminisées.

 

Quel mode d'exercice ?

Si près des trois quarts des pharmaciens exercent toujours leur activité principale en officine, les dynamiques diffèrent fortement selon les métiers. En 2025, 31.6% des pharmaciens sont titulaires d'officine et 40.3% exercent comme adjoints ou dans les autres activités. Les établissements de santé représentent 10.3% des activités principales, devant la biologie médicale (9%), l'industrie pharmaceutique (5.4%), les exercices en outre-mer (2.7%) et la distribution en gros (0,8%).

Depuis 10 ans, les effectifs des pharmaciens titulaires d'officine ont diminué de 11.6%, tandis que ceux de la distribution en gros ont reculé de près de 20% et ceux de la biologie médicale de 10%. À l'inverse, les établissements de santé, l'industrie pharmaceutique, les activités exercées outre-mer ainsi que les pharmaciens adjoints enregistrent tous une progression de leurs effectifs. L'officine reste néanmoins le cœur de la profession.

En 2025, la France métropolitaine compte 23.947 pharmaciens titulaires d'officine, répartis dans 19.381 pharmacies. Si l'officine demeure le principal point d'accès aux médicaments et aux soins de proximité, son évolution démographique confirme une tendance désormais bien installée : le nombre de titulaires continue de diminuer. En un an, les effectifs reculent de 1.3%, soit 323 titulaires de moins qu'en 2024. Sur 10 ans, la baisse atteint 11.6%, ce qui représente 3.173 titulaires en moins. Cette évolution s'accompagne d'une diminution parallèle du nombre d'officines, passé de 21.592 en 2015 à 19.381 en 2025, soit une contraction de 10.2% du réseau officinal. Les sociétés d'exercice libéral (SEL) se sont progressivement imposées comme le modèle dominant, tandis que les installations individuelles deviennent plus rares.  

 

RETOUR HAUT DE PAGE