La décision est tombée comme un couperet le 17 avril dernier : Eliza Castagné et Antoine Prioux, pharmaciens titulaires de l’officine de Sornac et membres du Pôle de santé MilleSoins en Corrèze (Nouvelle-Aquitaine), sont interdits d'exercer durant 6 mois (dont 4 avec sursis). A la suite de la procédure en appel, une interdiction d’exercer de deux mois à compter du 1er septembre a été prononcée par le conseil de l’Ordre des pharmaciens. L'objet du délit : avoir pratiqué la dispensation de médicaments à l’unité en dehors du cadre réglementaire en vigueur, afin d'"éviter une rupture d’accès aux soins dans un territoire déjà sous tension, et d’agir contre les pénuries ainsi que le gaspillage", comme ils l'avaient expliqué dans nos colonnes en mai 2025. 

Une pratique "à la croisée des enjeux de santé publique, d’écologie et de responsabilité économique", avaient-ils poursuivi, mais que la chambre disciplinaire du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a sanctionnée, le 17 avril 2026, la décision en première instance du 30 avril 2025 du Conseil Régional de l’Ordre des pharmaciens de Nouvelle Aquitaine. Pourtant, rappelle Antoine Prioux dans son post Linkedin, cette décision – au-delà d'être "injuste et disproportionnée" – fragilise encore plus l'accès aux soins sur le plateau de Millevaches car elle va entraîner la fermeture de leur officine pendant deux mois…  

 

 

Après la première instance puis l'appel, les deux pharmaciens avaient finalement décidé d'arrêter les frais. Mais ils ont décidé de se pourvoir en cassation devant le Conseil d’État. Une décision qui entraîne un coût important : 3.000 euros pour la procédure d’appel et 3.000 euros pour le recours auprès de la juridiction suprême de l'ordre administratif. D’où la mise en place d’une cagnotte pour les aider “à financer ces frais d’avocat et [leur] permettre d’aller au bout de cette démarche", indique le pharmacien sur Linkedin. À ce jour, plus 2.400 euros ont déjà été récoltés. 

 

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