Il n'en finit pas de faire parler. Publié le 25 août dernier, la mission sur le temps de travail des médecins, menée par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Inspection générale des finances (IGF), s'est aussi penchée sur le dossier médical partagé. Et la sentence est irrévocable : les médecins, toutes spécialités confondues, alimentent encore trop peu le DMP de leurs patients, et cela, malgré les gains potentiels d'efficacité pour le système de santé.
Selon les statistiques publiées dans le rapport, si les médecins généralistes sont plutôt bons élèves en la matière - 40% à atteindre l'objectif fixé par les pouvoirs publics -, les anesthésistes, ophtalmologistes et chirurgiens sont en queue de classement, avec 0,2% à 4% d'entre eux atteignant l'objectif. Pourtant, "un usage généralisé permettrait théoriquement d'améliorer la circulation de l'info entre professionnels, de limiter les pertes de temps liées à la recherche de documents et de fluidifier les parcours entre la ville et l'hôpital", regrette le rapport.
A l'automne dernier, le gouvernement avait tenté d'imposer dans le cadre du budget de la Sécurité sociale une sanction financière pour les praticiens n'alimentant pas suffisamment le DMP. Mais la mesure avait provoqué la colère des médecins. Ceux-ci dénoncent de leur côté la perte de temps que peut représenter l'alimentation du DMP, du fait du retard des éditeurs de logiciels médicaux à mettre au point des procédures ergonomiques et instantanées. La mesure gouvernementale avait finalement été retoquée par le Conseil constitutionnel.