C’est l’une des professions de santé "les plus dynamiques”. Soit “109.000 masseurs-kinésithérapeutes en France aujourd'hui” et "une croissance annuelle de 4,1% dans les années 2020", assure Frédéric Bizard, macro-économiste spécialiste de la protection sociale et de la santé, lors de la présentation d’une étude sur "quel avenir pour la kinésithérapie en France ?" dans les locaux parisiens du Conseil national de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Une étude constituée d'un volet "purement scientifique" et d'un axe sur "le vécu et le terrain" qui détaille l'évolution de la profession, ses missions au fil des ans et "donne un cadre stratégique pour les prochaines années", souligne Frédéric Bizard, qui s’est notamment penché, au travers d'une analyse macro-économique, sur les coûts de la profession et notamment de la mise en place de l'expérimentation de l'accès direct ainsi que les gains potentiels pour l'Assurance maladie et la société.  

 

Kiné qui es-tu ?

Depuis 2010, la démographie des masseurs-kinés a doublé, assure Frédéric Bizard, citant les quelque 52.795 professionnels à l'époque. Une expansion qui s’explique par la hausse des capacités de formation et le flux croissant de diplômes étrangers, qui représentaient 31% des inscrits à l’Ordre en 2024. Cette même année, 52% des kinés étaient des femmes (68% dans l’exercice salarié), l’âge moyen était de 41 ans (contre 41,3 ans en 2020), et l’âge moyen de départ en retraite est resté stable à 62 ans.

"La France compte environ 155 kinés pour 100.000 habitants, la douzième densité en Europe", précise Frédéric Bizard, bien loin derrière nos voisins Belges (355) et Allemands (245). "Nous sommes sur un rattrapage par rapport à des pays européens, souligne-t-il, ajoutant qu'il ne s'agit pas d'une "explosion de la démographie qui va faire exploser les coûts comme peut l'indiquer l'Assurance maladie". Cependant, ce chiffre s'avère assez disparate d'une région à l'autre : on compte ainsi 211 kinés en Paca et 208 en Occitanie, mais à peine 98 en Normandie et 95 en Centre-Val de Loire. "Un rapport de 1 à 2,2, ce qui est très important", précise l'économiste. 

En 2024, 85% des kinés exerçaient en libéral et 15% en salariat, des proportions relativement stables ces dernières années (85,4% en libéral en 2018). En revanche, la structuration de l’activité libérale a évolué, note-t-il, notamment avec une hausse du nombre d’assistants et de collaborateurs (37% de l’activité libérale en 2024 vs 34% en 2020), et une augmentation des cabinets secondaires et tertiaires.  

Le nombre de sociétés inscrites à l’Ordre a également augmenté de 68% depuis 2020, avec un quasi doublement du nombre de sociétés d’exercice libéral (SEL) - 2018 unités en 2024 -, et +235% des sociétés de participation financière des professions libérales (SPFPL), soit 75 unités en 2024, révèle l'étude. Mais il est encore "trop tôt pour évaluer l'impact de la régulation des installations mises en place", assure Frédéric Bizard. 

 

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