L'accès direct, un levier d'économies ? C'est ce qu'assure Frédéric Bizard, économiste de la santé, hier, lors de la présentation de son étude sur le rôle “stratégique" du kiné "dans un système de santé sous tension" dans les locaux parisiens du Conseil national de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. "La kinésithérapie précoce constitue un levier majeur d’efficience, jusqu’à 14 milliards d’euros de gains pour la société, et 6,5 milliards d’euros pour l’Assurance maladie, insiste-t-il. Même en tenant compte des contraintes du terrain, un déploiement réaliste de la kinésithérapie précoce permettrait de générer, en un an, près de 3 milliards d’euros d’économies pour la société, et 1,4 milliard pour l’Assurance maladie soit plus de 26 % des dépenses actuelles de kinésithérapie."

Mieux soigner, moins dépenser, c'est "le pari gagnant" de la kinésithérapie précoce, assure l'étude. Un accès direct mis en place dans les structures d'exercice coordonné en 2023, mais aussi dans le cadre dans les CPTS de 20 départements dans le cadre d'une expérimentation en cours. "C'est un pas dans la bonne direction", souligne Frédéric Bizard qui précise cependant que "dans un monde qui change aussi rapidement, les petits pas et les petites mesures ont un impact de quasi nul. Si vous allez dans les départements concernés, il n'y en a pas un Français qui vous dit : 'Bien sûr que je peux aller directement chez le kiné'".  

Accès direct : des petits aux grands pas  

Pour lui, il faut donc "passer des petits pas aux grands pas" et pour cela, mettre en application "les 11 compétences du référentiel 2015" : le diagnostic kinésithérapique ; la promotion de la santé ; l’éducation thérapeutique ; la coordination des parcours ; la recherche ; la formation… Pour Frédéric Bizard, il faut "faire du kiné un acteur du soin primaire, mais [les pouvoirs publics] ont du mal à passer à ce modèle du 21e siècle [en accès direct, NLDR]". Parce que l’accès direct – la kinésithérapie précoce - aurait des “bénéfices immédiats pour les patients et la société”, assure-t-il : par exemple, pour la lombalgie, une baisse des coûts pouvant aller jusqu’à 7.500 euros par patient sur 5 ans, et 36 jours d’arrêts de travail évités. Ou encore, une "récupération améliorée et une perte d'autonomie fortement réduite" dans les cas d'AVC… 

Dans son étude de près de 160 pages, l'économiste préconise ainsi 5 "leviers structurants" pour "moderniser l'organisation des soins et améliorer l’accès à la kinésithérapie".   

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