L'accès direct, un levier d'économies ? C'est ce qu'assure Frédéric Bizard, économiste de la santé, hier, lors de la présentation de son étude sur le rôle “stratégique" du kiné "dans un système de santé sous tension" dans les locaux parisiens du Conseil national de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. "La kinésithérapie précoce constitue un levier majeur d’efficience, jusqu’à 14 milliards d’euros de gains pour la société, et 6,5 milliards d’euros pour l’Assurance maladie, insiste-t-il. Même en tenant compte des contraintes du terrain, un déploiement réaliste de la kinésithérapie précoce permettrait de générer, en un an, près de 3 milliards d’euros d’économies pour la société, et 1,4 milliard pour l’Assurance maladie soit plus de 26 % des dépenses actuelles de kinésithérapie."
Mieux soigner, moins dépenser, c'est "le pari gagnant" de la kinésithérapie précoce, assure l'étude. Un accès direct mis en place dans les structures d'exercice coordonné en 2023, mais aussi dans le cadre dans les CPTS de 20 départements dans le cadre d'une expérimentation en cours. "C'est un pas dans la bonne direction", souligne Frédéric Bizard qui précise cependant que "dans un monde qui change aussi rapidement, les petits pas et les petites mesures ont un impact de quasi nul. Si vous allez dans les départements concernés, il n'y en a pas un Français qui vous dit : 'Bien sûr que je peux aller directement chez le kiné'".