"L'avenant 2 de l'ACI vient d'être signé. Une étape supplémentaire pour les maisons de santé pluriprofessionnelles. Mais quelque chose manque. Et ce quelque chose, c'est nous.
Les coordinateurs de MSP ne figurent dans aucun volet spécifique de ce texte. Pas de reconnaissance du rôle. Pas de cadre protecteur. Pas de valorisation autre qu'en monnaie sonnante et trébuchante de notre fonction.
Pourtant, nous sommes là à chaque étape, à construire les projets de santé, à piloter les actions et à guider pour cocher les cases. À faire le lien entre les équipes soignantes, les institutions, les patients et les élus. Nous sommes souvent les premiers à absorber les tensions, à motiver, à encourager et les derniers à être nommés même dans les textes officiels.
Nous sommes les fusibles du système. Quand ça disjoncte, c'est nous qui sautons.
Et ce n'est pas faute de compétences ni de légitimité. Nous avons des parcours professionnels solides, des expériences de terrain, et une formation spécifique à la coordination en soins primaires.
Nous ne découvrons pas le métier : nous le construisons, chaque jour, souvent sans filet.
Mais visiblement, pour certains, notre travail reste invisible — ou pire, facile. "C'est cher payé pour ce qu'il y a à faire" ; "Deux jours pour ça ? C'est trop" ; "Une Sisa, en 10 minutes sur internet, c'est fait"… Ces phrases, nous les entendons. Et elles font mal, parce qu'elles révèlent exactement le problème, quand un métier n'est pas défini, n'importe qui croit pouvoir en juger la valeur !
C'est précisément pour ça qu'il faut un cadre. Alors à celles et ceux qui écrivent les politiques de santé primaire, nous disons : avant d'ajouter de nouvelles obligations déclaratives dans l'ACI, posez-vous la question de qui les porte concrètement. Définissez notre métier ! Encadrez-le ! Valorisez-le ! Défendez-le ! Et faites que la coordination en MSP soit enfin reconnue comme ce qu'elle est : un métier à part entière, essentiel à la réussite du modèle.
Nous ne sommes pas des variables d'ajustement. Nous ne demandons pas de privilèges. Nous demandons à exister autrement dans les textes comme nous existons sur le terrain."