Ils refusent d'être "la variable d’ajustement du système de santé". Car les "contraindre" à s'installer dans des territoires sous-dotés serait "faire porter sur elles et eux les défaillances du système", déplore de la Fédération nationale des étudiant(e)s en kinésithérapie (Fnek) dans un communiqué de presse publié ce matin, réagissant aux propos de Thomas Fatôme sur la régulation à l'installation des étudiants kiné. Celui-ci avait indiqué, dans Les Echos le 11 août dernier, que "l'objectif est de l[a] mettre en œuvre en 2027 même si des éléments opérationnels sont encore en discussion".
En décembre 2022, la signature de l'avenant 7 de la convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes validait une obligation d’installation de deux ans pour les étudiants entrés en études à partir de 2023. En contrepartie, l'Assurance maladie s'était engagée "à harmoniser les frais de scolarité" de tous les étudiants, rappelle la Fnek. Mais trois ans plus tard, cet engagement est resté sans traduction concrète, déplorent-ils… alors que les étudiants sont confrontés à une précarité "toujours plus importante, aggravée par des frais de scolarité profondément inégalitaires" : "Pour obtenir un même diplôme d’État, certains doivent encore débourser jusqu’à 40.000 euros et 40% d’entre elles et eux s’endettent lourdement avant même leur entrée dans la vie professionnelle."
À leurs yeux, il est donc "inacceptable" de voir ces mesures de coercition s'appliquer dès 2027, "alors même que ses modalités restent inconnues et que ce calendrier contredit les textes actuellement en vigueur". La Fnek rappelle aussi que "contraindre les jeunes diplômé(e)s ne résoudra pas les disparités territoriales d'accès aux soins". Il faudrait, au contraire, des "réponses structurelles", comme la généralisation de l'accès direct, la revalorisation de l’exercice salarié ou encore la refonte du zonage "au regard des besoins réels de santé et de l’offre de soins".