Selon le rapport, les infirmières figurent parmi les professions ayant le plus recours aux flux dégradés. Il établit donc un lien entre ces flux et le risque de facturation d’actes fictifs. "Mais quelques lignes plus loin apparaît une information capitale : la Cnam n’a pas été en mesure de communiquer à la mission la part des flux dégradés effectivement retrouvée dans les fraudes détectées et stoppées", relève la FNI qui estime que "le lien statistique central sur lequel repose une partie de la démonstration n’est pas documenté".
De plus, poursuit le communiqué, le rapport reconnaît "la complexité des nomenclatures, les erreurs de bonne foi et les difficultés de cotation rencontrées par les professionnels". Et sur les 321 millions d’euros d’anomalies liées aux erreurs de facturation et de cotation, les rappels (résultant d’erreurs de facturation défavorables aux professionnels) en représentent 28%... "Voilà qui relativise singulièrement l’idée selon laquelle l’anomalie de facturation serait nécessairement le produit d’une stratégie d’optimisation", assure la FNI. À ses yeux, la nomenclature infirmière est devenue "au fil des années un empilement de règles, d’interdictions de cumul, de majorations, de forfaits et d’interprétations locales". La frontière entre "erreur, divergence d’interprétation, indu et fraude" doit donc être protégée "avec la plus grande rigueur", insiste-t-elle.
Refusant que les infirmières soient placées "sous suspicion collective" à raison de "chiffres en valeur absolue et de rapprochements statistiques insuffisamment démontrés", la FNI demande des données "incontestables" de l’Assurance maladie : taux de fraude rapporté aux dépenses de la profession ; nombre de professionnels concernés ; distinction entre fraude intentionnelle, faute, abus et erreur de cotation ; poids réel des flux dégradés dans les fraudes constatées ; comparaison normalisée entre professions... "On ne construit pas une politique publique de contrôle à partir d’un soupçon statistique", insiste le syndicat pour qui la lutte contre la fraude "doit cibler les fraudeurs" sans "conduire à traiter une profession entière comme un fraudeur potentiel".