Deux négociations conventionnelles en cours mais une seule et même "schizophrénie", assure la CMSF dans un communiqué de presse publié ce matin. Car tant pour la négo de l'avenant 1 à la convention médicale, "initialement centrée sur le plan Imagerie", que pour celle de l’ACI-MSP, "désormais élargie en ACI-MSP-label France santé", "les pressions exercées par le gouvernement sur les négociateurs – Assurance maladie, médecins libéraux et autres professionnels de santé – sont à la fois considérables et ubuesques", assure la Confédération des syndicats médicaux français.

Bien qu'elle devait "initialement" faire aboutir les discussions engagées en 2025, "notamment en attribuant des financements supplémentaires aux MSP afin de renforcer la coordination des acteurs de santé [et] la professionnalisation de leurs organisations", la reprise des négos MSP "ne concernera que les MSP signataires du label France Santé, excluant de fait les autres structures", déplore le syndicat. De plus, une transposition dans le droit commun de l’expérimentation Ipep (Incitation à une prise en charge partagée) doit concerner à la fois les MSP engagées depuis cinq ans dans ce dispositif et celles souhaitant s’y inscrire à l’avenir, ajoute-t-il. Mais "là encore, le gouvernement souhaite exclure du dispositif les MSP qui ne signeraient pas le label France Santé, alors même que l’objectif de ce label est limité à garantir un accès à une consultation médicale dans les quarante-huit heures après régulation"

Sur l'avenant 1 de la convention médicale, la CMSF dénonce l'élargissement "pour certains médecins" des dérogations "au plafond de 20 % de téléconsultations" présentées par le directeur de la Cnam lors la dernière séance de négociations fin avril. "Or, les médecins concernés ne sont ni des médecins traitants ni des médecins spécialistes – qui sont loin d’atteindre ce seuil (à l’exception des psychiatres, qui ont un taux de 40 %) – mais essentiellement ceux exerçant via des plateformes", assure le syndicat, ajoutant que "cette demande émane directement du gouvernement, sous la pression conjointe d’élus et d’acteurs de la financiarisation ayant investi ce secteur particulièrement lucratif". Ainsi, "dans une même séance, il nous est demandé de travailler à améliorer la pertinence et la qualité pour générer des économies, tout en validant, dans le même temps, le développement d’une activité souvent de faible qualité et source de dérives financières importantes", dénonce-t-il. Sans compter que cette activité "apparaît aujourd’hui d’autant moins pertinente que le service d’accès aux soins", assure-t-il.  
 
Pour la CSMF, si le gouvernement souhaite voir aboutir ces deux négociations, il doit "impérativement clarifier et redéfinir rapidement ses objectifs : soit poursuivre une politique de santé fondée sur la pertinence et la qualité, génératrice d’économies, soit laisser se développer des pratiques qui s’apparentent à une véritable gabegie financière (…) Nous ne validerons pas des textes conventionnels qui poursuivraient simultanément ces deux objectifs contradictoires", assure-t-il.  

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