"Ici, on ne roule pas sur l’or, les fins de mois sont difficiles", confie Martine 68 ans, à nos confrères du journal Le Progrès. Pourtant, comme d'autres riverains de la commune de 12.000 âmes – dont 4.000 privées de médecin traitant - de Chambon-Feugerolles dans le département de la Loire, elle se dite prête à "faire un geste", afin d'acheter du matériel d’aide au diagnostic, notamment un électrocardiogramme, un échographe et un défibrillateur pour le tout nouveau médecin généraliste qui posera ses valises à la maison de santé en mai prochain. 

L'initiative portée par l'association locale "Ondaine santé pour tous" fondée en 2020 pour répondre à la désertification médicale en créant notamment la MSP des Trois Vallées, vise à récolter 5.000 euros d'ici le 15 avril prochain. "On veut les meilleures conditions de confort professionnel et d’exercice", explique Jean-Marc Bénaiche, pharmacien à l’initiative du projet et membre de l’association. L'achat de ce matériel devrait aussi permettre de désengorger les urgences du CH voisin qui recensent 3.500 passages annuels des habitants de la commune, faute d'alternative. 

 

Précaires mais solidaires

 

Longtemps, la cagnotte a stagné à 160 euros avant de connaitre un véritable boom hier pour atteindre un peu plus de 1.200 euros. "Je vois des gens à la pharmacie dans des situations très précaires me proposer une aide symbolique. Je la refuse", dévoile le pharmacien toujours auprès du Progrès. Cependant, d'autres refusent de participer, arguant que "l'État a fait ce qu'il fallait pour créer des déserts médicaux. Ce n'est pas à moi de combler les trous. On est retraités, et ce n'est pas avec la pension qu'on touche qu'on peut faire quelque chose !", vocifère un autre habitant auprès de France 3

L’association s'adresse donc en priorité aux entreprises et mécènes avec un argument de taille : la réduction d’impôt prévue à la suite de dons. De plus, un médecin niçois aurait déjà pris contact pour proposer du matériel à la suite de la médiatisation du projet, preuve que la solidarité ne s'arrête pas aux frontières. 

Pour pérenniser cette installation tant attendue, la municipalité apporte également sa pierre à l'édifice en prenant en charge le loyer, les taxes et les charges du médecin pendant trois ans. Un partenaire privé a, lui, déjà offert l'intégralité du mobilier du cabinet.

 

[Avec Le Progrès et France 3

 

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