Article publié dans Concours pluripro, octobre 2022

Au 31 décembre 2021, le ministère recensait plus de 2 200 centres de santé dont 522 pluriprofessionnels. Comment interprétez-vous ce chiffre ?
Éric May : Aujourd’hui, nous devons être plutôt autour de 600-650 CDS pluriprofessionnels. C’est d’ailleurs un sujet de discussion avec le ministère parce qu’il ne parle que de centres pluriprofessionnels, mais ce qui nous intéresse, c’est à la fois la dynamique de création de ce type de centres mais aussi des centres médicaux. Les centres qui se créent sont initialement, et en majorité, médicaux pendant leurs deux ou trois premières années d’existence… mais avec la volonté affirmée, dans leur projet de santé, de devenir pluripro dans les trois à cinq ans qui suivent.
Au départ, l’un des premiers besoins auxquels va répondre un centre de santé, c’est l’accès à un médecin généraliste. Le deuxième, celui de venir renforcer l’offre de soins sur le territoire où le centre s’implante, dans un objectif de complémentarité et non de concurrence. Le centre nouvellement créé va devoir trouver les moyens de se coordonner avec les autres acteurs, paramédicaux et médecins libéraux, avec les établissements de santé… Au total, les +30% de croissance en cinq ans – c’est le ministre Véran qui l’a dit en 2021 à notre congrès – du nombre de centres de santé concernent tout autant les centres médicaux et polyvalents.
Frédéric Villebrun : On peut se dire que cette croissance est encore insuffisante. Mais comme l’a affirmé Olivier Véran à notre dernier congrès [octobre 2021, NDLR], l’augmentation est indéniable. Si on considère uniquement les centres pluriprofessionnels, on peut sembler un peu moins en avance que les MSP mais on a aussi tout le potentiel des centres infirmiers et dentaires qui peuvent se tourner vers l’exercice pluriprofessionnel. On est certes en deçà des objectifs du ministère qui voulait 1 000 CDS pluriprofessionnels mais on est à plus de 2 200 centres de santé au total…

Le médecin salarié bénéficie-t-il de conditions plus avantageuses que le libéral exerçant en MSP ?
F. V. : À en croire les données de la Drees, rapportée au nombre d’heures travaillées, la rémunération est similaire pour un médecin libéral et salarié.

 

On attend un cadre politique clair et les moyens qui vont avec
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