Article publié dans Concours pluripro, octobre 2022

Apparues au tout début des années 2000 aux États-Unis, les retail clinics ne cessent, depuis, de multiplier leurs implantations. Vraisemblablement, on en compte plus de 4 000 aujourd’hui, avec un fort taux de croissance (près de 50 % sur la dernière période de trois ans) et une prédominance dans les États du Sud et du Middle West (Floride, Texas et Ohio en particulier).
Une retail clinic – formulation dont la traduction est malaisée en français – constitue une formule d’accès aux soins dans un contexte commercial assumé. On pourrait avancer l’expression "consultation de proximité". Ce sont d’ailleurs de puissantes chaînes de distribution de produits de grande consommation ou de pharmacie qui les financent, les accueillent et les abritent dans leurs locaux (le plus souvent l’équivalent des galeries ou des centres commerciaux en Europe). Les analystes financiers et de sciences sociales identifient plusieurs facteurs qui justifient cette croissance rapide. Avant tout, la persistance aux États-Unis, en dépit de la mise en œuvre progressive de l’Obamacare, d’une part importante de la population exclue des droits sociaux et donc dépourvue d’assurance maladie. Pour ces 30 millions de sujets américains, une possibilité d’accès à des soins low cost tels que les retail clinics les pratiquent dans des

Des jeunes adultes sans médecin traitant

En pratique, ces retail clinics sont généralement tenues par des nurse practitioners (qui correspondent aux infirmières en pratique avancée que l’on commence à trouver en France) et des physician assistants (activité tout juste individualisée en France dans le cadre d’une disposition conventionnelle financée par l’Assurance maladie au bénéfice de médecins généralistes). Ils peuvent aussi être en relation avec un échelon médical. Le tarif est affiché, transparent et sensiblement moindre que pour voir un general ou family practitioner.

Une étude menée en 2016 par la Rand Corporation apporte des éléments davantage factuels sur l’activité de ces retail clinics. Elles sont majoritairement fréquentées par des adultes jeunes (entre 18 et 44 ans) qui, pour la plupart, n’ont pas de médecin traitant. L’essentiel des motifs de consultation sont des épisodes aigus infectieux ORL, bronchopulmonaires ou urinaires, de la petite traumatologie, des vaccinations et des tests sanguins de biologie courante (ces mêmes motifs représentant près de 20 % de l’activité d’un primary care physician et 12 % d’un service d’urgence hospitalier).

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