Le volet santé du Conseil national de la refondation, censé relever le "défi de l'accès aux soins" érigé en enjeu central par Emmanuel Macron, a été lancé hier, le 3 octobre, au Mans -  le coeur de la Sarthe, département devenu l'emblème des déserts médicaux. L'objectif de François Braun, ministre de la Santé et de la Prévention - qui a rappelé que 11 % des Français de 17 ans et plus n’ont pas de médecin traitant, soit plus de 7 millions de citoyens - était de faire remonter les idées du terrain sur les moyens de lutter contre les déserts médicaux, la pénurie de professionnels du santé, le manque de médecins traitants.

Pour y parvenir, le ministre a notamment dit attendre "des propositions" des sept ordres des professions de santé pour "mieux répartir le temps soignant" - et ainsi permettre aux médecins de recevoir davantage de patients. Le CNR Santé c'est "une grande consultation impliquant soignants, élus locaux et usagers du système de santé, invités à discuter librement sur les solutions, pas sur les problèmes". Des réunions sont donc appelées à se multiplier, en métropole et en outre-mer, dès la semaine prochaine et jusqu'à la fin de l'année", avec pour première priorité "que chaque Français trouve, s'il le souhaite, un médecin traitant d'ici la fin du quinquennat".

Mais, a précisé François Braun dans son discours : "Je le redis et je l’assume : je ne serai pas le ministre des promesses inconsidérées, car il n’existe pas de solution miracle. Nous devrons attendre encore une dizaine d’années avant que les bénéfices de la fin du numerus clausus, mesure historique prise à l’initiative du Président de la République après des années et des années de régulation aveugle de notre démographie médicale, ne nous permettent d’inverser la tendance".

 

Des réformes déjà engagées... d'autres annoncées

Le ministre a souligné la nécessité de renforcer les collaborations entre soignants, via les CPTS. Ces réseaux, qui devront mailler "tout le territoire d'ici fin 2023", doivent se mobiliser "prioritairement" sur le sujet des déserts médicaux, avec l’appui de l'Assurance maladie. "Pour aider les personnes en ALD, les personnes âgées, les personnes handicapées, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire à trouver en priorité un médecin traitant". 733 CPTS sont en cours de réalisation et de projet et 306 ont déjà signé leurs contrats ACI signés.

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Pour "gagner du temps médical", le nombre d'assistants médicaux va ainsi être porté à 10 000 "à horizon 2025", contre 3 000 contrats signés fin avril, a rappelé François Braun dans son discours.

En attendant, afin de faire "avec les ressources que nous avons", le ministre encourager les médecins généralistes à "donner un peu de leur temps au service des territoires fragilisés".  Il poursuit : "Des consultations avancées de spécialistes, de médecins généralistes, remplacés si besoin dans leur territoire d’origine quelques jours par an y compris par un docteur junior, des systèmes de recours par téléconsultations … voici autant de leviers que je souhaite soutenir et inciter".

Un service d'accès aux soins devrait voir le jour "dès l'année 2023", afin de rediriger vers des médecins en ville des personnes appelant pour un soin non programmé. "Je ne souhaite pas imposer de formule toute faite mais je demande à ce que nous construisions ensemble un principe de responsabilité territoriale le jour, la nuit et le week-end, et que nous le fassions vivre partout, sans aucune exception".

 

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