Edito publié dans Concours pluripro, janvier 2026
 

"La "pause" doit durer un mois. Soit trente et un jours pour relever le défi d'une abstinence ou d'une réduction de sa consommation d'alcool. Objectif : améliorer son sommeil, sa santé physique et sa santé mentale – soit autant de bienfaits mis en lumière par l'étude Janover, menée en 2024. Sept ans après son introduction en France, le Dry January – ou "Le Défi de janvier", histoire de mettre de l'eau dans son vin – s'ancre de plus en plus dans le champ de la prévention, avec notamment 4,5 millions de participants en 2024. Cette année, 31 % des participants envisagent de "ne pas du tout boire d'alcool" et 19 % comptent "réduire significativement [leur] consommation habituelle". Une opération de santé publique majeure, soutenue par de nombreuses associations, sociétés savantes, professionnels de santé, collectivités... Et qui est confrontée, cette année, à la campagne French January, lancée par la filière viticole, soit "un mois où l'on préfère savourer plutôt que s'interdire", détaille l'association Vin & Société. L'idée ? "[Défendre] une vision ouverte et responsable de l'art de vivre à la française, sans diktat ni jugement." En d'autres mots, "on ne renonce à rien, et surtout pas au bien vivre ensemble" et on trouve "un juste milieu entre le 'trop' et le 'zéro'". La modération plutôt que la privation : en pleine crise agricole, le secteur joue son va-tout.

Année après année, le constat est amer : les pouvoirs publics refusent de soutenir ce défi collectif qui permet de faire évoluer durablement les comportements face à l'alcool. Surprenant, inquiétant même, quand on sait que l'alcool est responsable de quelque 49 000 décès en France et de 28 000 cancers, que la préconisation de supprimer l'alcool à la buvette de l'Assemblée nationale a fait bondir le président du Sénat, ou que Emmanuel Macron avait été désigné "personnalité de l'année" en janvier 2022 pour "son engagement constant en faveur du vin et de sa culture"... un palmarès établi en plein Dry January !

Mais si l'exécutif ne semble pas disposé à cesser de lever le coude, la jeune génération, elle, repense son rapport à l'alcool. Ainsi, au pays du vin, 72 % des moins de 35 ans – contre 39 % des plus de 50 ans – envisagent de relever "Le Défi de janvier", qui sera notamment réalisé entre amis pour 1 Français sur 4. "Une façon de faire de cette pause avec l'alcool non pas un renoncement mais un moment partagé, soutenu et valorisé", assure l'association Addictions France. Une façon de voir le verre à moitié plein ?"

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