"Nous sommes un groupe de plus d’une dizaine d’infirmiers qui discutons sur Twitter, et nous nous sommes rendu compte que de plus en plus de soignants ou de soi-disant soignants, se disent anti-vaccin et le font savoir, regrette Vincent Lautard, infirmier et juriste, l’un des premiers à avoir lancé le hashtag. Face à ces messages qui se propagent, nous avons voulu montrer que la majorité des soignants sont ou vont être vaccinés, que nous défendons la vaccination et voulons inciter ceux qui hésitent encore à se faire vacciner." Outre le hashtag, le mouvement prend aussi la forme de vidéos publiées notamment sur LinkedIn et Youtube.

 

Entre complot et crainte

Pour l’infirmier, il est essentiel de faire la distinction entre ceux qui sont complotistes et ceux qui craignent de se faire vacciner, estimant qu’il est possible de convaincre les seconds, en leur montrant et démontrant que ceux qui se sont vaccinés 'vont bien'. "Nous voulons agir contre les fake news, rappeler que le vaccin permet de diminuer les décès et les hospitalisations », soutient Vincent Lautard, précisant que le hashtag n’a rien de politique et qu’il repose bien sur des faits scientifiques. "Je veux moi aussi montrer que nous sommes une majorité d’infirmiers bien au clair avec la science et avec l’intérêt de se faire vacciner car les autres diffusent une mauvaise image de la profession en se positionnant contre la vaccination", renchérit Julie Devictor, infirmière en pratique avancée (IPA) et présidente du Conseil national professionnel IPA. Elle participe elle-même à la vaccination et observe, dans les centres de vaccination, de nombreux patients craignant de se faire vacciner. "Certains font même des malaises, révèle-t-elle. Ils nous expliquent ne pas être rassurés par le vaccin car justement de nombreux infirmiers et médecins véhiculent cette crainte dans les médias. » Pour elle, les soignants ont un rôle de santé publique à jouer, d’autant plus que contrairement à la population générale, "nous pouvons avoir accès à des informations scientifiques et pertinentes. Je ne comprends pas que certains participent à la désinformation, dénonce-t-elle. Notre rôle est au contraire de rassurer."  

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