Dans le paysage "lacunaire qu’offre notre système de santé", des initiatives, portées par des "équipes de professionnels libéraux convaincus ou d’hôpitaux publics" font "la démonstration éclatante" qu'il est possible d'"améliorer la santé d’une population avec des actions de prévention et de soins", qu'"on peut mettre ensemble des professionnels de santé et des médiateurs sociaux et ainsi mobiliser dans une même communauté les moyens médicaux et non-médicaux d’une meilleure santé". Brigitte Dormont, professeure émérite d'économie à l'université Paris-Dauphine, signe dans Alternatives économiques une tribune engagée en faveur de la santé communautaire. Un modèle de prise en charge – porté notamment par les 26 structures engagées dans l'expérimentation Secpa, mais pas que… – où il "ne s’agit pas seulement de produire des soins, mais d’améliorer la santé des personnes à laquelle la situation financière, le logement, le niveau d’éducation, la nourriture et l’hygiène de vie contribuent largement", assure-t-elle.
A l'instar du modèle participatif mis en place par la MSP Pyrénées Belleville (Paris, 20e), "au cœur d’un quartier populaire dont la plupart des habitants vivent dans la précarité", et avec un taux de pauvreté "particulièrement élevé (26 % contre 15 % en moyenne en France)" et une forte proportion d’allocataires du RSA ("12,5 % contre 4 % en moyenne") et de logements sociaux ("42 % contre 16 % en moyenne"), détaille Brigitte Dormont. Son intégration dans l’expérimentation Structures d’exercice coordonné participatives (Secpa) lui a permis de financer des postes – "quatre médiateurs en santé, une coordinatrice, une psychologue clinicienne et une assistante sociale" – ainsi qu'une assistance téléphonique de traduction, "essentielle pour comprendre les besoins et les symptômes des migrants et leur expliquer les diagnostics et soins prescrits". Un interprétariat qui "peut tout changer pour la prise en charge d’une femme non francophone victime de violences" ou "un vieux patient accablé par de lourdes maladies chroniques et des problèmes de dents", explique ainsi Mady Denantes, médecin généraliste au sein de la maison de santé.