S’il s’est installé dans le quartier de la Gare-Laiterie (Grand Est), c’est “parce qu’il y avait une microstructure addiction". Antoine Giacomini est médecin généraliste, installé depuis sept ans et demi dans le quartier de la Gare-Laiterie (QPV) de Strasbourg, qui compte un taux de patients en CSS de 23%). Son cabinet médical intègre une microstructure addiction “qui existe depuis 25 ans et qui compte deux médecins, une psychologue qui intervient deux demi-journées par semaine et une travailleuse sociale, une journée par semaine”, précise-t-il à Concours pluripro. Un trinôme qui “effectue un travail indispensable”, assure le jeune généraliste... Un travail surtout "irréalisable autrement" [sans ce dispositif, NDLR], insiste-t-il. Et la proposition d'un arrêté ministériel sur la généralisation de l'ancien "article 51" "Equip’Addict, développement harmonisé du dispositif des microstructures médicales addiction" – devenu innovation depuis son passage en période transitoire le 1er janvier 2024 – apporte son lot "d'inquiétudes", confie Antoine Giacomini, également membre de la Coordination nationale des réseaux de microstructures (CNRMS).

En fin de semaine dernière, dans un post Linkedin, MG France lance “Après Secpa, les microstructures. Même méthode, mêmes inquiétudes". Le syndicat de médecins généralistes alerte, en effet, sur une proposition du ministère en lien avec la généralisation du dispositif, qui pour rappel, permet de prendre en charge les patients avec des pathologies psychiatriques et/ou en situation d'addictions, grâce au trinôme pluriprofessionnel. Un dispositif – une "pépite", assure MG France – "qui permet d’apporter une réponse de qualité à des patients vulnérables, une réponse en proximité", et qui s'avère être également un facteur d'attractivité pour la profession de généraliste. Comme le décrit Antoine Giacomini.

 

 

"L'expérimentation article 51 s'achève, place à la généralisation. C'est légitime, l'évaluation est favorable", poursuit le syndicat, qui assure que "soutenir un dispositif, c'est aussi exiger qu'il soit généralisé dans de bonnes conditions. Or la première copie proposée par le ministère laisse subsister des zones d'ombre qui, en l'état, fragiliseraient le modèle.” Car l’arrêté proposé présente un “rétropédalage” sur l'aspect financier du dispositif, voire une rupture nette et précise avec l'objectif de l'expérimentation. Car "nous ne serions plus dans une logique de forfait de prise en charge [soit 806 euros par patient et par an, NDLR], mais sur une rémunération à l'acte, souligne Antoine Giacomini. Ce qui ne convient pas du tout au dispositif parce qu'il y a une partie du travail qui est fait hors consultation. Par exemple, les travailleurs sociaux passent beaucoup de temps à remplir des dossiers, à appeler les patients, à échanger des mails… Ce ne sont pas des actes de consultation en présentiel. D'un point de vue financier, cela ne sera pas tenable".

 

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