En France, la consommation de substances psychoactives est responsable de plus de 100 000 décès évitables par accident ou par maladie, dont près de 40 000 par cancers (chiffres du ministère de la Santé). Les conduites addictives interviennent dans environ 30 % des décès avant 65 ans. Et les deux premières causes de mortalité évitables sont le tabac (73 000 décès) et la consommation nocive d'alcool (41 000 décès). De plus, les usagers de drogues sont souvent confrontés à des difficultés d'accès aux services de soins (crainte de stigmatisation, délais, refus de prise en charge...), et certains professionnels de santé se sentent démunis face à cette prise en charge, ce qui crée des ruptures fréquentes de parcours. De plus, la population féminine est aussi exposée à des freins pour accéder aux services d'addictologie, du fait d'une forte précarité sociale, sanitaire et familiale.
Les premières microstructures médicales addictions (MSMA) ouvrent leurs portes en 1999 en Alsace, avant d'essaimer dans d'autres régions. L'objectif étant de répondre à deux types de difficulté : celle des patients, en maillant le territoire avec une offre de proximité, et celle des médecins généralistes, en "mettant à disposition" de la MSMA les compétences d'un psychologue et d'un travailleur social. Mais ces microstructures, encore trop dispersées, ont encore du mal à trouver des financements pérennes.