Près d'une personne sur deux (49%) qui aurait ressenti un mal-être ou des difficultés psychologiques n'en a pas parlé à son entourage ou à un professionnel de santé. C'est ce qui ressort d'une étude de Santé publique France, publiée hier, qui révèle les derniers résultats de l'enquête CoviPrev, menée de mai 2022 à septembre 2023, auprès de 2.919 personnes – sur les 8.010 interrogées au total – ayant déclaré avoir ressenti un mal-être ou des difficultés psychologiques sur les douze derniers mois. 

En France, comme à l'international, la pandémie de Covid-19 a fortement altéré la santé mentale des populations, précise Santé publique France : +25% de troubles anxieux et dépressifs, estime l'OMS, notamment chez les femmes et les jeunes, ou des épisodes dépressifs en hausse entre 2017 et 2021 : de 9,8% à 13,3% chez les 18-75 ans ou encore de 11,7% à 20,8% pour les 18-24 ans qui font état de "pensées suicidaires" et de "tentatives de suicide". Dès lors, "investiguer les comportements de recherche d’aide en santé mentale apparaît comme un enjeu crucial pour favoriser une prise en charge précoce", estime SPF. L'étude CoviPrev vise donc à "identifier les principaux facteurs associés au fait de parler de son mal-être ou de ses difficultés psychologiques". 

L'appel à un ami : 19%

L'enquête révèle donc que 51% des personnes ayant ressenti un mal-être ou des difficultés psychologiques sur les douze derniers mois en ont parlé à quelqu’un : leur entourage (36%), un professionnel de santé ou de santé mentale (médecin généraliste ou médecin traitant, psychiatre, psychologue, psychothérapeute, etc. - 29%), un ami (19%), un collègue de travail (7%) ou encore des canaux de communications alternatifs comme une ligne d’écoute, les réseaux sociaux, une association… (9%). Ceux qui ont le plus communiqué sont les cadres et professions intellectuelles supérieures (59%), les jeunes adultes de moins de 35 ans (57%), les patients chroniques (56%), les personnes vivant seules (55%), celles s'estimant en bonne situation financière (54%), les femmes (53%), les personnes en emploi (53%) ou encore celles ayant un niveau de diplôme égal ou supérieur au bac (52%). 

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