Une nouvelle étape de franchie dans la lutte contre le cancer en France. Le ministère de la Santé et l'Institut national du cancer ont annoncé hier, la publication au Journal Officiel du 28 décembre du décret en Conseil d’État actant la création et le déploiement progressif d'un registre national des cancers, qui doit aider à mieux les connaître, les prévenir et les traiter.
Concrètement, le registre national des cancers a pour objectif de "recueillir les données concernant l’ensemble des cas de cancers sur le territoire afin d’améliorer la connaissance de la maladie, le suivi des trajectoires des patients et l’évaluation des actions de prévention, de dépistage, de prise en charge et de suivi après-cancer, précise l'INCa dans un communiqué de presse. Il reposera sur la collecte et l’appariement, de manière pseudonymisée, de données issues de sources multiples — registres de cancers, bases nationales existantes, données cliniques et biologiques, données de soins et de dépistage — garantissant ainsi un haut niveau de sécurité et de protection des données personnelles."
Objectif : améliorer la connaissance de l'épidémiologie des cancers, en permettant de "produire et de diffuser des indicateurs fiables d'incidence et de mortalité, avec des analyses aux niveaux national, régional et infra-régional, et de renforcer les outils de surveillance de l'état de santé des populations", poursuit le communiqué. Le déploiement du registre, "une action majeure de la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030", sera "progressif", en lien avec les différents acteurs concernés de la santé comme du numérique, selon le ministère et l'INCa.
Jusqu’à présent, la France ne disposait que d’une trentaine de registres généraux non spécialisés, couvrant moins d’un quart de la population. "Il manque des données sur la population la plus socialement vulnérable et les zones exposées à des risques environnementaux", avait précisé en juin à l'AFP Claire Morgand, directrice de l'observation des sciences des données et de l'évaluation à l'INCa. Début juin, l'ex-ministre de la Santé et député Aurélien Rousseau avait demandé au gouvernement de mener à terme ce registre. "Disposer de ces données, c’est se donner les moyens de mieux objectiver les réalités, de mesurer les inégalités sociales et territoriales, d’évaluer l’impact des actions de prévention et de dépistage, et d’orienter la recherche et les politiques publiques", ont souligné Norbert Ifrah, président de l’INCa, et Nicolas Scotté, son directeur général.