Ils sont médecin généraliste, pneumologue ou cardiologue hospitalier, inspecteurs du travail, cinéaste, économiste… Et tous ont signé la pétition citoyenne pour demander la création d’une Mutuelle complémentaire gérée par la Sécurité sociale. Parce que la cotisation aux assurances santé complémentaires (mutuelles, instituts de prévoyance et compagnies d’assurance) ne cesse d’augmenter, assurent-ils : "plus 6% en moyenne en 2025 et plus de 25% en trois ans". Et parce que les complémentaires santé sont "moins égalitaires" que la Sécu, que les prestations couvertes par les mutuelles "dépendent du niveau de contrat souscrit (de base, intermédiaires et optimum)" et qu'elles sont, par conséquent, "moins solidaires, notamment pour les retraités". "Les plus modestes d’entre eux consacrent plus de 10% de leurs revenus pour payer les soins restant à leur charge après le remboursement par la Sécu, contre moins de 4% pour les retraités plus aisés", indique le descriptif de la pétition sur le site de l'Assemblée nationale lancé en février dernier.   

"Moins égalitaires et moins solidaires", les assurances complémentaires sont également "moins efficaces", assurent-ils, car elles ne remboursent "que 12,5% des soins" alors que leurs frais de gestion "atteignent, en 2024, la somme exorbitante de 8.7 milliards". A contrario, la Sécu "ne consacre que 7 milliards d’euros aux frais de gestion", insistent-ils, ajoutant que "quand vous versez 100 euros à votre complémentaire santé, seulement 80 euros vont au remboursement des soins tandis que lorsque vous cotisez 100 euros à la Sécu, plus de 95 euros vont aux soins"… 

Les quelque 1.265 signataires de la pétition demandent donc la création d’une mutuelle complémentaire gérée par la Sécurité sociale, qui respecterait "ses principes fondateurs de solidarité pour le financement (où chacun paie en fonction de ses moyens), d’égalité pour les prestations (chacun reçoit en fonction de ses besoins) et de démocratie". Cette mutuelle, financée par les cotisations venant en complément de l’Assurance maladie obligatoire, permettrait ainsi "une prise en charge intégrale par la Sécu" de tous les actes de soin et de prévention "relevant de la solidarité et ayant montré leur efficacité". Et les complémentaires actuelles deviendraient "des assurances supplémentaires pour des actes relevant du confort ou n’ayant pas démontré leur efficacité", proposent-ils. 

Cette gestion commune par la Sécu de l’Assurance maladie obligatoire et de sa complémentaire, "permettant de supprimer le doublon actuel des frais de gestion entre Sécu et complémentaires", permettrait d'économiser "au moins 8 milliards [d'euros] de frais de gestion inutiles qui pourraient être utilisés pour améliorer l’accès aux soins".  

Parmi les premiers signataires de la pétition, on retrouve notamment Julie Chastang, médecin généraliste en centre municipal de santé, maitresse de conférences, Hector Falcoff, médecin généraliste, membre de la CPTS Paris 13 et coordinateur de la SFTG Recherche, André Grimaldi, professeur de médecine, Mady Denantes et Dora Lévy, médecins généralistes à la MSP Pyrénées Belleville, Didier Ménard, médecin généraliste ou encore Camille Spire, présidente de l’association Aides. 

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