C'est à la fois "un point de conclusion" des quinze années de l'Association française de l'eczéma et des nombreuses études scientifiques qu'elle a menées ou auxquelles elle a participé. Mais aussi "un point de départ vers quelque chose de nouveau", assure Florence Dijon Leandro, pharmacienne à Aix-en-Provence, et membre de l'association depuis treize ans. Car Le Livre noir de l'eczéma, présenté aux Universités de l'eczéma hier après-midi à l'institut Imagine (Paris, 15e), ne se contente pas de dresser un état des lieux de l'eczéma atopique en France, mais propose "plein de solutions possibles", poursuit-elle.
Car en France, l'eczéma concerne près de 4 milliards de personnes, soit 2,5 millions d'adultes de plus de 15 ans, 850.000 enfants âgés de 6 à 11 ans et 700.000 adolescents, met en avant l'ouvrage. Mais malgré "sa fréquence" et "son impact majeur" sur la qualité de vie, l'eczéma atopique reste "sous-estimé" dans les politiques de santé, note Alexandre Cuvello, président de l'Association française de l'eczéma : "Cette situation n'est plus tenable. Il est temps d'un changement d'échelle et de regard (…) La prise en charge doit être globale et centrée sur le patient. Soigner la peau ne suffit pas. Il est indispensable d'intégrer la dimension psychologique, de reconnaître la souffrance psychique – anxiété, dépression, isolement social – et de développer des programmes d'éducation thérapeutique du patient dédié à l'eczéma." Il faut également impliquer les professionnels paramédicaux aux côtés des dermatologues pour permettre un "accompagnement durable et humain" de l'eczéma, dont les trois formes "les plus courantes" sont la dermatite atopique, l'eczéma de contact et l'eczéma chronique des mains.