Un "aboutissement" pour les uns, une "rupture" pour les autres… Après "plus de 250 heures de débat dans l'hémicycle" auxquelles il faut ajouter les "100 heures en commission" comme l'a souligné Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, la loi sur l'aide à mourir, "grand texte pour notre République", a officiellement été entérinée mercredi en toute fin d'après-midi. Après trois rejets du Sénat, les députés ont donc autorisé pour la première fois l'assistance au suicide, voire l'euthanasie, avec une série de conditions. "J'ai l'impression d'avoir vécu une interminable odyssée", a déclaré l'ex-député et maire de La Rochelle, Olivier Falorni, auteur de la proposition de loi auprès de l'AFP. "Ça n'a pas été facile. Nous avons entendu beaucoup d'oppositions, beaucoup d'outrance, beaucoup d'excès", a ajouté l'édile, évoquant avec émotion le souvenir de "visages" et "voix" de malades qu'il a rencontré.  

Après ce vote historique instaurant "le droit à l'aide à mourir" et faisant de la France, un des rares pays ayant ouvert ce droit (Belgique, Pays-Bas, Suisse, Canada et Uruguay), ses opposants se sont tournés du côté du Conseil constitutionnel. Tout comme le président du Sénat, Gérard Larcher, le Premier ministre, Sébastien Lecornu a annoncé mardi qu'il saisirait le conseil des Sages pour tenir compte des oppositions qui persistent, surtout à droite. Un choix fait "en concertation avec le président de la République", a assuré Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement. "La décision des Sages pourrait intervenir autour du 15 août", rapporte l'AFP. "Après cela, le chef de l'Etat pourra promulguer le texte, puis viendra le temps de rédiger les décrets encadrant l'application de la loi, particulièrement attendus." 

 

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