L’insuffisance cardiaque touche près de 1.5 million de patients en France, en majorité des personnes âgées de plus de 60 ans chez qui elle est la première cause d’hospitalisation, notait la Drees en 2017. Une pathologie également responsable d’environ 70 000 décès et de 165 000 hospitalisations avec hébergement chaque année, "lesquelles sont suivies par de nombreuses réhospitalisations qui impactent la qualité de vie des patients et engendrent des dépenses de santé considérables", précise la démarche nationale Optim’IC* (Optimisation du parcours du patient insuffisant cardiaque) lors d’une conférence de presse ce 22 juin. Pourtant, l’insuffisance cardiaque représente la moitié des réhospitalisations potentiellement évitables, soulignait la Cnam en 2019. Un constat qui a poussé les différents acteurs de la prise en charge des insuffisants cardiaques – professionnels de santé, sociétés savantes et associations de patients, réunis au sein d’un comité national et de six comités régionaux – à se mobiliser afin d’identifier des axes d’amélioration possibles.

 

 

Focus

Insuffisance cardiaque : 1 mort toutes les 7 minutes

Pour le Pr Thibaud Damy, cardiologue au CHU Henri Mondor de Créteil et président du programme Optim’IC, cette "pathologie mortelle" qui touche près de 1.5 million de patients en France et est responsable d’un décès toutes les sept minutes, doit sa complexité au fait qu’elle résulte qu’il existe deux types d’insuffisance cardiaque : une pathologie chronique (qui nécessite une optimisation rapide des traitements, et des consultations tous les 15 jours pour augmenter progressivement la dose) et des épisodes aiguë (la décompensation cardiaque où le patient prend du poids par la rétention hydrosodé et sera hospitalisé entre 5 et 12 jours en moyenne pour avoir un traitement diurétique intraveineux).

Une grande partie des patients insuffisants cardiaques passent par les urgences, alors qu’il existe des circuits spécialisés, mis en place grâce à des initiatives régionales ou nationales. À l’instar du Parcours HAS 2012-2014 qui place le médecin généraliste au centre de la coordination de la prise en charge. Les régions, ajoute-t-il, ont vu la création de nombreux réseaux (Icalor, Cardi’Auvergne…) qui, pour la plupart, ont eu un arrêt de leur financement en raison de la mise en place de certains dispositifs nationaux comme le Prado.

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