Parce que "contrairement aux idées reçues", la médiation en santé va bien au-delà de l'accompagnement de personnes "ultra précaires". "C’est être présent aux côtés des personnes pour préparer un rendez-vous médical, comprendre un courrier, expliquer des résultats, traduire des codes souvent opaques, rappeler des droits, soutenir la prise de parole en consultation, demander un interprète, alerter sur des violences médicales, porter une voix que l’on n’écoute pas toujours… [C'est intervenir] en milieu urbain ou rural, là où l’accès aux soins est plus long, où le renoncement aux soins est plus fréquent, là où les parcours sont morcelés, instables, parfois chaotiques". C'est ce qui fait parfois "la différence entre abandonner ou poursuivre un parcours de soins. Entre subir ou comprendre". C'est aussi "identifier des dysfonctionnements, les faire remonter, contribuer à transformer les pratiques". Autant de missions d'aller-vers qui disparaîtraient "avec la coupe des financements, et ce seront d’abord les populations précarisées qui en paieront le prix. Mais, en réalité, c’est l’ensemble du système de santé qui s’appauvrira".