La pertinence des soins est une question de survie pour le système de santé français. Un point sur lequel a insisté Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé, aujourd’hui présidente du think tank Evidences, lors du colloque "Regards croisés sur la pertinence des soins", le 3 avril dernier à Aix-en-Provence. Un constat qui s’appuie sur des chiffres inquiétants, a-t-elle rappelé : "Avec 12,3 % de son produit intérieur brut, la France est le troisième pays au monde qui dépense le plus pour la santé… Et ces dépenses augmentent de 3 à 4 % par an. À ce rythme, dans dix ans, nous serons à 20 % de notre PIB en termes de dépenses de santé. Nous ne pouvons pas nous le permettre", a mis en garde Agnès Buzyn. Or, "20 à 30% des dépenses de santé dans notre pays ne sont pas pertinentes. Toutes les données le montrent, aussi bien celles de l'OMS, que de l'OCDE ou de l'Insee", a-t-elle poursuivi. Dans ce contexte, la lutte contre les soins non pertinents est un "combat qui débute" mais qui "nous concerne tous". "Si nous travaillons sur la pertinence, nous aurons une capacité de redistribuer financièrement ces ressources vers l'innovation et des meilleures prises en charge", a ajouté l’ancienne ministre de la Santé.  

Une "surprescription médicamenteuse absolue"

Plusieurs axes de travail doivent être rapidement entrepris, au premier rang desquels la pertinence en matière de médicaments, a estimé Agnès Buzyn, allant jusqu’à parler de "surprescription médicamenteuse absolue dans notre pays" : "Nous sommes vraiment les champions du monde en termes de prescriptions d’antibiotiques, de neuroleptiques ou encore de médicaments psychotropes", a-t-elle précisé. 

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