"Pendant la formation infirmière, on n'entend pas du tout parler du rôle du pharmacien. Et c'est un professionnel qu'on ne rencontre pas quand on travaille en service [hospitalier]." Un vrai frein quand il s'agit de travailler ensuite en pluriprofessionnalité sur le terrain, assure Jeanne Goll, vice-présidente en charge des affaires sociales à la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (Fnesi), lors de la table ronde "Mieux coopérer pour mieux soigner", organisée à Paris le samedi 14 mars, par la coopération Welcoop, qui regroupe 4.000 pharmaciens sociétaires et 50.000 professionnels de santé utilisateurs de produits et services de ses filiales. Une table ronde qui proposait de "croiser les regards" entre les jeunes générations de soignants et des professionnels de santé "expérimentés" afin de "donner à voir la vraie vie" sur le terrain, a précisé Marine d'Anterroches, directrice de la communication à Welcoop. 
 

Une vraie vie qu'a tenté de dessiner Jean-Luc Leymarie, président de la CPTS Rueil Malmaison, "la première des Hauts-de-Seine", lancée en 2019 a-t-il précisé. Car sur le terrain, "ça bouillonne", assure le médecin généraliste, citant les nombreux projets mis en place par sa CPTS sur son territoire : maison sport-santé, protocole de coopération, téléconsultations assistées d'une infirmière, parcours ville-hôpital… "La CPTS est un moyen pour pouvoir agir en communauté avec des pharmaciens, des infirmières, mais aussi avec des jeunes professionnels qui arrivent. Parce que le but c'est de leur faciliter les choses et de leur ouvrir les portes." La CPTS a ainsi mis en place des "mini-stages" pour que chaque professionnel connaisse le métier de l'autre et que tous puissent "se rencontrer, se parler, et trouver ensemble des solutions" aux problématiques rencontrées par les patients. Parce que "si on ne se parle pas, on reste dans une sorte de silo".  


 
crédit K.R. - de g.à dr. : Marine d'Anterroches, Vincent Monestel, Jeanne Goll, Jean-Luc Leymarie et Noémie Chantrel-Richard.

 


Ce que confirme Vincent Monestel, pharmacien d'officine et membre du conseil de surveillance de la coopération Welcoop : "L'interpro, c'est déjà se connaître. Et en tant que pharmaciens, on a un vrai rôle à jouer dans cette interpro parce qu'on travaille déjà en équipe au sein de l'officine et on peut plus facilement trouver le temps nécessaire pour s'impliquer dans des projets. On peut se permettre de partir une heure et la pharmacie va continuer à tourner… Ce qui n'est pas toujours le cas pour un médecin ou une infirmière par exemple." 

 


Rappelant que "chaque professionnel de santé va toucher un public différent", Noémie Chantrel-Richard, présidente de l'Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf), a insisté sur l'importance de la communication au sein du "trio médecin, infirmière, pharmacien" pour "que les informations s'échangent de manière efficience entre ces trois personnes ressources". "Par exemple, en termes de prévention, si un médecin n'a pas réussi à convaincre son patient de se faire vacciner, il peut donner l'info au pharmacien qui, comme par hasard, abordera le sujet quand il sera au comptoir."

Révolution numérique, coordination, création de parcours de soins… les pharmaciens jouent déjà un rôle important dans ces différentes sphères insiste Vincent Monestel, mais "il faut avoir confiance dans ses compétences : "Un jour, une infirmière vient me voir en disant :'Mais toi, tu peux leur parler aux médecins, tu as fait le même nombre d'études qu'eux… Ce n'est pas possible. Chacun a ses compétences et on doit se faire confiance".

RETOUR HAUT DE PAGE