Article publié dans Concours pluripro, avril 2022

La plupart des pays développés – en particulier ceux où des systèmes de santé avaient été organisés tout au long du XXe siècle – ont entrepris, depuis une vingtaine d’années, une série d’adaptations. Celles-ci avaient souvent été précédées par de larges consultations, incluant volontiers des représentations de la population générale ou des associations de patients, comme en Australie ou dans les pays scandinaves. Surtout, ces adaptations ont été beaucoup plus fréquemment le fait d’une succession de mesures, le cas échéant prises sur plusieurs années plutôt qu’un "grand" texte de loi ambitionnant de traiter globalement le sujet.

Cela tient peut-être à l’organisation politique des pays, où la décentralisation est souvent beaucoup plus vigoureuse qu’en France, quel qu’en soit le mode : fédéralisme ou régionalisation, ou même municipalités (qui peuvent toutefois couvrir des territoires importants dans des contrées à faible densité)… Cette régionalisation poussée expliquant une relative diversité – assumée – des organisations existant sur le terrain.

Dans tous ces pays, les réformes ont pris en compte les mêmes éléments d’une problématique quasiment "universelle" : d’une part, le vieillissement de la population, l’accroissement des maladies chroniques/la fréquence des comorbidités et le besoin de proximité et, d’autre part, principalement, les aspirations renouvelées des professions de santé et les évolutions technologiques induisant des changements d’organisation. Le tout impactant la nécessité de maintenir la soutenabilité des systèmes de santé dans un climat de plus en plus explicite de sécurité/ qualité des soins

Premier contact

Un document, produit par un centre de recherche en sciences sociales à Copenhague, a établi un état de la situation en 2020 des systèmes de soins en Finlande, Norvège, Suède et Danemark. Ces quatre pays nordiques affichent des populations relativement réduites : 5 millions de citoyens pour trois d’entre eux et 10 millions pour la Suède. Cela a au moins deux types de conséquences. D’abord, le nombre d’habitants, réduit en regard de bien d’autres pays développés, est curieusement avancé pour expliquer que telle réforme qui semble bien marcher chez eux est probablement inapplicable à une autre échelle (quel rapport ?). Cela vaut en particulier pour l’organisation des urgences au Danemark.

La suite de cet article est réservée aux abonnés.
Pas encore de compte? Inscrivez-vous
RETOUR HAUT DE PAGE