Le professionnel de santé seul maître à bord, une vision dépassée ? Lors de la seconde plénière de la Journée de l'exercice coordonné (JeXCo), consacrée à l'engagement des étudiants en santé "demain dans les territoires", les représentants des étudiants en pharmacie, en médecine et en kinésithérapie ont fait valoir "cette volonté de travailler en pluriprofessionnalité", pose Lucas Chauvel, président de la Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie (Fnek). Plus qu’une envie, un besoin, souligne Noémie Chantrel-Richard, présidente de l'Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf), pour qui "un pharmacien tout seul ne peut pas faire grand-chose"

Face au vieillissement, maladies chroniques, l’exercice isolé est de moins en moins pertinent. Il est important, "dès le début du parcours", que se coordonner autour du patient soit "intégré à notre culture d’exercice", poursuit celle-ci. Ce qui ne l'est pas assez aujourd'hui, glisse Arthur Garcia, vice-président de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG).  

Crédit : P.M.

Tous trois appellent à plus d’interfiliarité, d’interprofessionnalité, car aujourd’hui, ça pèche. Formation “trop tubulaire”, met en avant Lucas Chauvel. Qui soulève aussi l’éloignement des étudiants en kiné des campus pendant les années en institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) les empêchant de nouer des liens avec les autres. L’enseignement de l’exercice coordonné est "très maigre", "peu infusé", glisse le président de la Fnek. "Pendant l’externat, on n’en parle quasiment pas, ou alors c’est hospitalo-centré", complète Arthur Garcia. Pour y remédier, ils plaident notamment, à l’instar de Noémie Chantrel-Richard, pour des enseignements mutualisés, notamment sur les "grands enjeux de santé" : numérique, transition écologique, etc.  

 

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